Qui dit changement d’année dit rétrospective !

À Paris, fin 2024, les Jeux Olympiques s’invitent dans presque tous les bilans. Du côté de l’Eglise d’Alésia, au sud de la capitale, quatre représentantes de la communauté se sont engagées, auprès des athlètes mais aussi des militaires qui assuraient la sécurité.

Voici ce qu’en dit Asun Calvo, membre de la commission de la FPF pour l’aumônerie aux Jeux de Paris: «Il a fallu beaucoup de patience et de fermeté pour que nous puissions avoir des conditions de travail décentes et les autorités du village ont bien dû constater que notre présence, loin d’être un facteur de trouble, créait un espace de paix et d’accueil dont beaucoup ont pu bénéficier. Nous avons pu montrer aux responsables du Comité d’Organisation des Jeux et du Village olympique que les représentants des religions cheminaient ensemble et, même si la méfiance se faisait encore régulièrement sentir, une certaine souplesse s’est installée au fil des semaines d’ouverture du Centre. […] Nous nous partagions un espace composé de salles de prière, d’espaces d’entretiens individuels ainsi que d’un bureau d’information tenu par deux employées de Paris 2024, soutenues par des volontaires. Les chrétiens étaient dans une salle commune où une grande croix catholique côtoyait les icônes des orthodoxes et une belle Bible protestante. Nous avons vécu des moments de communion, de complicité, d’émotion particulièrement intenses : voir un prêtre orthodoxe biélorusse prier avec nous pour un athlète ukrainien protestant, entendre la représentante du culte musulman témoigner au rabbin de son soutien après l’attentat de la Grande-Motte, accueillir des volontaires ou des membres du personnel qui découvraient ce lieu d’accueil et de convivialité ».

Côté militaires, Nathalie Guillet, aumônier de plusieurs états-majors de Paris et d’Île-de- France, explique qu’«en temps normal, les militaires sont environ deux mille dans les rues de la capitale mais pour les JO leur nombre a plus que quintuplé ! Dans ce contexte inédit, l’aumônerie protestante aux armées devait remplir sa mission de soutien moral et spirituel auprès de ces hommes et femmes venus de régiments de toute la France. Éloignés de leur famille pendant tout l’été, marchant dans les rues avec un équipement de plus de 20 kg et dans une vigilance constante, notre rôle consistait à être présents à leurs côtés et à proposer des cultes et des temps de prière à ceux qui le souhaitaient. […] Aux côtés de collègues catholiques, israélites et musulmans, vingt aumôniers protestants se sont donc relayés tout l’été au sein de l’opération Sentinelle. Répartis sur six sites militaires dont un camp créé de toutes pièces au sud-est de Paris, pouvant accueillir jusqu’à 5000 soldats, nous avons partagé leur quotidien et proposé des cultes ». Et elle conclut : «Chaque rencontre est unique mais une fois encore j’ai pu vérifier combien ce ministère est riche ; accompagner des hommes et des femmes aux convictions et aux parcours très divers, vivant des missions parfois difficiles et rester toujours, dans le silence de l’écoute comme dans le dialogue, porteur de la merveilleuse nouvelle qu’est l’Évangile. »