Nous nous apprêtons à fêter un week-end pascal absolument inattendu. Qui, il y a quelques semaines à peine, aurait pu imaginer un tel scénario ?

Toutes les églises vides, sans aucun rassemblement pour Pâques… Chacun chez soi, ou, pour certains, personnel soignant, au chevet des malades.

Vivre Pâques en confinement, c’est vivre Pâques autrement.

Comprendre peut-être différemment le lien qui nous unit les uns aux autres, un lien qui transcende les barrières et les restrictions. Percevoir d’une manière nouvelle la solidarité de Jésus avec l’humanité. On l’affirme chaque Vendredi Saint : il a porté nos souffrances et nos maladies, il est mort, comme nous tous mourrons. Allons-nous l’entendre différemment dans les circonstances que nous traversons ? Et puis, comme Pâques nous y invite, penser à l’après. Je ne sais pas quand nos cultes pourront reprendre, mais je sais que les retrouvailles vont être belles. Même s’il faudra encore respecter les gestes barrière !

Vivre Pâques en confinement, c’est aussi entendre le message de Pâques autrement.

Comme le récit du jeudi et du vendredi saint, la solitude de Jésus face à son supplice, l’abandon de ses disciples, l’injustice de sa condamnation, son cri sur la croix : “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” Tout cela résonnera sans doute différemment pour nous cette année. Et puis le silence du samedi saint, l’enfermement dans la tombe, le confinement ultime de la mort… mystère insondable. Enfin le matin de Pâques, avec l’espérance d’autant plus forte du tombeau vide. Alors que, pour l’instant encore, nos portes restent fermées, le tombeau, lui, est ouvert !

Que la lumière de Pâques inonde nos confinements, nos solitudes, nos souffrances… En Jésus-Christ, mort et ressuscité, l’espérance triomphe de tout !

Vincent Miéville, pasteur à Toulouse
Président de l’Union des Églises évangéliques libres de France

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