
En Manuel, nous avons perdu un frère attentionné, un chrétien convaincu, un fidèle serviteur dans l’Église… on ne peut enfermer Manuel dans une définition ! Pour moi c’était un ami proche et l’amitié a un prix inestimable lorsqu’elle permet de cheminer à coté de quelqu’un d’aussi honnête, sensible et bienveillant que lui.
On pouvait, dans les choses sérieuses comme dans les frivoles, ne pas être toujours d’accord avec lui, mais il était toujours dans l’écoute et l’ouverture. On pouvait ne pas toujours partager tous ses intérêts – le vietnamien, le luth et la poterie par exemple pour ma part ! – mais son enthousiasme et sa grande curiosité pour tant de choses étaient bons à vivre.
En fait, notre amitié s’est d’abord tissée dans le service de l’Église. Nous avons collaboré un certain nombre d’années au sein du conseil de l’Église d’Alésia. La confrontation d’idées avec Manuel était un exercice redoutable, tant il aimait manier l’analyse systématique, repartant parfois à zéro dans un argumentaire dont nous avions déjà balayé toutes les options et où je serais bien volontiers allée droit à la solution alors qu’il voulait vérifier chaque étape, sans faille !! Mais le souci du bien de l’Église l’habitait toujours profondément et a guidé son engagement. Sa rigueur et sa grande bienveillance nous ont certainement rendu bien des services lorsque les décisions en Église ont été difficiles à prendre…
Dans l’Union des Églises libres il a également donné beaucoup de lui-même, tant à la commission des ministères qu’il a présidée de longues années que par son travail de médiation dans des situations de conflit en Église. Comprendre le point de vue de l’autre, chercher au maximum à maintenir l’unité, travailler au discernement des qualités de chacun… voilà quelques-uns de ses axes de travail qui permettaient de réfléchir en bonne intelligence, de peser les choses sereinement, de porter les joies comme les fardeaux.
Merci Manuel pour cette richesse partagée !
Mireille Boissonnat