Le RĂ©veil

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Un  » RĂ©veil  » de la foi se propage au dĂ©but du 19ème siècle Ă  partir de Genève. C’est un renouveau doctrinal et spirituel qui plonge ses racines dans les milieux moraves et mĂ©thodistes. Ce  » RĂ©veil  » rĂ©affirme les grandes vĂ©ritĂ©s Ă©vangĂ©liques mises en lumière par la RĂ©forme : divinitĂ© du Christ, inspiration des Écritures, salut par la foi en l’oeuvre rĂ©demptrice du Christ, etc. Il insiste cependant sur un point particulier: la nĂ©cessitĂ© d’une foi personnelle.

Cette prĂ©dication est accueillie diversement dans l’Église rĂ©formĂ©e. Mais, fait nouveau, les « missionnaires » du « RĂ©veil » entreprennent d’Ă©vangĂ©liser les milieux catholiques, et cela avec certains succès. Notons enfin, qu’un courant du  » RĂ©veil  » milite pour la sĂ©paration de l’Église et de l’Etat, ce qui provoque une longue polĂ©mique dans le protestantisme.

En dĂ©finitive, le rĂ©veil du protestantisme, c’est aussi son Ă©clatement. Entre 1820 et 1848 apparaissent Ă  cĂ´tĂ© des LuthĂ©riens et des RĂ©formĂ©s (eux-mĂŞmes divisĂ©s en orthodoxes et libĂ©raux), des communautĂ©s indĂ©pendantes qui se veulent des Églises de professants, vivant en marge du Concordat, et se rĂ©clamant du  » RĂ©veil « .

Dans le bouillonnement gĂ©nĂ©ral qui suit la rĂ©volution de 1848, une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du protestantisme rĂ©formĂ© se rĂ©unit pour proposer une modification du Concordat. Les discussions prĂ©paratoires, qui touchaient la question de la sĂ©paration de l’Église et de l’État, sont rendues caduques puisque le gouvernement reconduit le Concordat. C’est finalement sur la nĂ©cessitĂ© d’une base doctrinale pour l’Église rĂ©formĂ©e que l’essentiel du dĂ©bat se porte. Les libĂ©raux ne veulent aucune confession de foi, les orthodoxes en dĂ©sirent une, mais pas au prix d’une division de l’Église.

Seuls quelques hommes dont FrĂ©dĂ©ric Monod, pasteur Ă  Paris, et AgĂ©nor de Gasparin, soutiennent qu’il faut confesser sa foi mĂŞme si l’unitĂ© doit en pâtir. L’assemblĂ©e refusant de trancher, ils dĂ©missionnent et appellent ceux qui croient que l’Église doit confesser clairement sa foi, Ă  les rejoindre. FrĂ©dĂ©ric Monod voit son espĂ©rance déçue car c’est une toute petite minoritĂ© qui le suit ; il se trouve dans l’incapacitĂ© de constituer une Église rĂ©formĂ©e Ă©vangĂ©lique.

Les RĂ©formĂ©s dĂ©missionnaires sont alors rejoints par des Églises indĂ©pendantes et des postes d’Ă©vangĂ©lisation ; c’est cette alliance qui donne naissance Ă  l’Union des Églises Ă©vangĂ©liques de France. Le Synode constituant se termina le 1er septembre 1849.

Ces deux courants en s’unissant donnait naissance Ă  une confluence thĂ©ologiquement nouvelle puisqu’elle unissait l’Église confessante et l’Église de professants. Ce rapprochement fĂ©cond, constituĂ© providentiellement, les Églises Ă©vangĂ©liques libres entendent toujours le mettre en valeur.