Menu Content/Inhalt
Accueil Notre revue Protestantisme Les Adventistes

Protestantisme

Pourquoi ce nom ? Il se réfère à une Eglise insistant sur l’attente de l’Avènement (ou retour) prochain du Christ (en anglais : advent, en latin : adventus), et l’observation du samedi (Sabbat) comme jour consacré au Seigneur. Les Adventistes croient en effet que le quatrième commandement parlant du jour de repos a été donné par Dieu à la création à tout homme comme un jour saint et béni et qu’il n’a jamais été changé, selon les Ecritures, ni par Jésus-Christ ni par Ses disciples. C’est pourquoi pour eux, le saint jour de Dieu n’est pas le premier jour de la semaine ou dimanche, mais le septième jour, le samedi ou Sabbat. Depuis le début, il est le mémorial de la création , un signe ou un sceau entre Dieu et ses enfants (voir Ex 31.12-17).
L'identité de l'Église adventiste ne peut être établie indépendamment de son histoire. Il convient de la situer dans le prolongement d'un vaste mouvement prophétique axé sur l’attente du retour de Jésus. Ce mouvement, parti du Wurtemberg, en Allemagne, à la fin du dix-huitième siècle, émigra en Angleterre puis en Amérique du Nord. Il suscita l’étude de la Bible et la constitution de petits groupes réunis dans la même espérance eschatologique.
Dans ce bouillonnement fébrile, William Miller, au travers de son étude du livre biblique de Daniel, fut convaincu que la fin du monde devait avoir lieu en 1844. Accrédité par dix-sept pasteurs de confessions protestantes différentes (baptistes et méthodistes pour la plupart), il convainquit plus de cent mille personnes d’attendre avec foi le retour du Christ pour cette date. Après l’échec de sa prophétie, un bon nombre des « millérites » réintégra les Églises d'origine, mais le reste, quelque peu désorienté, se regroupa autour de quelques leaders, dont James White. En 1861, ils étaient déjà 3 500 regroupés dans 125 églises et conduits par 30 pasteurs. Ils se dotèrent alors d'une organisation administrative et se donnèrent le nom d'Église adventiste du septième jour.
L’épouse du pasteur James White, Ellen White, joua un rôle important dans les grandes orientations du mouvement. Visionnaire, elle écrivit de nombreux ouvrages et contribua à l'évolution de la jeune Église dans plusieurs domaines particuliers : lutte contre le fanatisme, exhortation à la pratique d'une vie saine, l'abstinence de tabac et d'alcool, encouragement à l’étude des textes bibliques. Il y a encore débat aujourd’hui parmi les Adventistes pour savoir ce qui provoquait les visions d’Ellen White, mais si ses écrits représentent pour eux l’œuvre du don de prophétie, il est évident qu’ils ne peuvent ni se substituer, ni s’ajouter à la Parole de Dieu qui est pour eux « la révélation infaillible de sa volonté ».
Le mouvement connaît des crises de croissance. Des personnalités importantes font défection, des questions doctrinales se posent, mais l'unité de l'Église est préservée et bientôt, le mouvement adventiste prendra une dimension mondiale.
Le bureau des statistiques de la Conférence générale des Adventistes du septième jour estime qu’aujourd’hui plus de 20 millions de personnes (membres et non membres) fréquentent chaque samedi les services religieux des 112 277 Eglises adventistes réparties dans 203 pays. Les Eglises se gouvernent sur un mode presbytérien au travers de 5 niveaux de regroupements : l’Eglise locale, la fédération ou mission, l’union, la division (13 grandes régions du monde) et la Conférence générale. Tous les cinq ans, les délégués venus du monde entier forment une assemblée générale qui nomme les responsables au niveau mondial et discute des questions de foi et d'organisation.
En France, les Églises adventistes (regroupant environ 10 400 membres) sont organisées en associations cultuelles. Une faculté de théologie, à Collonges-sous-Salève, en Haute Savoie ( http://campusadventiste.edu/), forme les pasteurs francophones. Les études de théologie sont ouvertes aux bacheliers et durent 5 à 6 ans (avec accès, par un système d’équivalence, au 3ème cycle du DEA délivré par l'Université des Sciences humaines de Strasbourg). La Fédération des activités cultuelles et sociales adventistes (FACSA) rassemble les personnes morales d’origine adventiste ayant pour objet l’éducation, la culture, la santé, les activités de jeunesse… Installée depuis 1922 à Dammarie-les-Lys en région parisienne (France), la maison d'édition Vie et Santé publie la littérature adventiste avec la conviction que l'écrit est un support idéal pour nourrir la réflexion spirituelle et la foi chrétienne.
Le quatrième colloque international de la Faculté adventiste de théologie se tiendra au Campus adventiste du Salève, du 23 au 25 avril 2004. Des chrétiens, des juifs et des musulmans discuteront franchement et ouvertement des extrémismes religieux qui se manifestent aujourd’hui dans les trois grandes religions monothéistes. Renseignements : 04 50 87 68 12 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Si vous allez au cinéma…
et si vous avez vu Good Bye Lenin, savez-vous que son scénariste Christoph Silber est chrétien, membre de l’Eglise adventiste de Berlin ? Il a rejoint l’équipe du projet vers la fin de l’étape de pré-production et a essayé de renforcer l’un des messages les plus importants du film, la réconciliation, pas seulement pour l’Allemagne mais aussi pour la famille.
Le culte adventiste
Les premières choses que l'on découvre en entrant dans une église adventiste, c'est une Bible ouverte et la croix vide pour nous rappeler à la fois le « sola scriptura » et le sacrifice du Christ. Le service de culte se tient le samedi matin. La première partie du service de culte est une étude biblique sur un thème précis, par groupes, avec des animateurs tant pour les adultes que pour les classes d'enfants. La seconde partie est le service liturgique qui reste la proclamation de la Parole écrite faite par un prédicateur et l'adoration de l'assemblée au Dieu créateur, au Christ rédempteur, et à l'Esprit consolateur à travers des cantiques et des prières.
Extraits d’interviews sur les ondes de Fréquence Protestante avec Jean-Paul Barquon, pasteur Adventiste du 7ème Jour, membre du Comité de dialogue de la FPF
Comment voyez-vous la Cène dans l'Eglise adventiste ?
J.P.B.
Nous voyons dans la Cène, à la fois la présence de Christ et un symbole précis : dans les récits de l'Evangile, il s'agit de pain sans levain et aussi de vin non fermenté, donc de jus de raisin, le levain comme la fermentation du raisin étant le symbole du péché. Nous ne pratiquons pas une Sainte-Cène hebdomadaire mais une fois par trimestre ou une fois par mois selon les communautés, afin d'éviter que la routine ne s'introduise et que finalement les membres perdent le sens des gestes. A l’exemple du Christ, nous pratiquons le lavement des pieds avant de partager le repas de la Cène, les dames d'un côté, les messieurs de l'autre, d'où l'importance de salles annexes à côté de la salle de culte.
Existe t-il des femmes pasteurs dans l'Eglise adventiste ?
J.P.B. Au niveau mondial, nous n'avons que 200 femmes pasteurs sur 20 000 pasteurs adventistes, ce qui est peu. En France, les femmes peuvent être engagées dans une fédération et être affectées dans une paroisse, toutefois la question de la consécration des femmes par imposition des mains est encore en discussion. Les femmes « pasteurs » peuvent actuellement remplir les actes pastoraux dans la mesure où elles sont consacrées « anciennes ».
Mireille Boissonnat