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Ascension : pourquoi lever les yeux vers le ciel ?
04-05-2009
"Ceux qui s’étaient réunis lui demandaient : Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? Il leur répondit : Il ne vous appartient pas de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité." (Ac 1:6-7)
Cette question des disciples est encore la nôtre aujourd’hui : nous aussi nous nous demandons quand le Seigneur va établir son royaume. Cependant, nous sommes moins impatients que les premiers chrétiens, et connaître le jour et l’heure du retour du Seigneur n’est probablement plus notre préoccupation première. Trop haut ou trop bas
Après avoir dit cela, pendant qu’ils regardaient, il fut élevé et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils fixaient le ciel, pendant qu’il s’en allait, deux hommes en habits blancs se présentèrent à eux et dirent : Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à scruter le ciel ? (Ac 1:9-11). Et pourtant, comme les disciples, il nous arrive de rester là à « scruter le ciel », espérant le voir revenir pour reprendre la situation en main ! Le monde tourne si mal que nous ne voyons pas ce que nous pourrions y changer. Alors, pourquoi ne pas nous limiter à l’attendre ? À quoi bon agir quand on peut prier ? La tentation est grande d’oublier que les dernières paroles que Jésus nous a adressées sont : Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre (Ac 1:8).
Mais nous pouvons aussi tomber dans l’excès inverse, être en mouvement perpétuel, ne plus prendre le temps de nous tourner vers Celui de qui nous vient notre force. Depuis 2000 ans que nous attendons son retour, nous avons fini par ne plus trop y croire. Si celui-ci se produisait, peut-être serions-nous nous-mêmes surpris et tentés de dire « Déjà ! Et moi qui avais encore tant à faire pour toi ! »
Le déséquilibre spirituel nous guette toujours car, selon notre tempérament, selon les moments de la vie aussi, nous avons tendance à « rester sur la montagne » pour chercher à nous rapprocher de Dieu au point d’ignorer ceux qui nous entourent, ou alors à « partir sur les routes » nous mêlant aux hommes jusqu’à en perdre de vue notre mission première.
Nous sentons bien ce déséquilibre. Alors nous essayons de le compenser par une sorte de strabisme spirituel, gardant un œil tourné vers le ciel et l’autre vers nos frères et sœurs dans le monde. Je ne pense pas que ce soit à ce type d’exercice que Dieu nous invite. Il est d’ailleurs connu que, quand on louche, on n’apprécie bien ni les distances, ni les reliefs !

Vers notre Père
Alors, comment nous remettre dans de justes proportions ? Entre vivre à l’écart de ce monde et nous perdre dans la foule, il y a bien une autre voie possible. Jésus lui-même nous l’a montrée ; nous la trouvons dans la prière qu’il nous a enseignée. Ce texte nous invite à élever nos regards vers notre Père, à appeler de nos vœux la venue de son règne, puis à nous tourner vers nous pour reconnaître nos besoins et nos faiblesses et ensuite à nous engager envers les autres. Il s’achève par la proclamation de la souveraineté éternelle et infinie de Dieu. En nous conduisant dans une sorte de mouvement circulaire qui redonne sa place et son importance à chacune des facettes de notre vie chrétienne, cette prière nous empêche de tomber dans la spiritualité désincarnée ou dans l’activisme déraciné. Elle nous met en route, mais en nous rappelant constamment l’itinéraire à suivre……

Par Asunción Calvo,
membre de l’EEL de Paris-Alésia