Automne !... Tristesse ou espérance ?

Où sont passés les beaux jours ?
En cette période d’automne, les textes qui nous sont proposés dans la liste de lectures de notre Union pour les dimanches sont tous tournés vers l’avenir.
« Les sanglots longs des violons de l’automne
Blessent mon cour d’une langueur monotone. »
Ces deux vers de Paul Verlaine ont acquis la célébrité : ce sont en effet ceux qui, par le moyen de la radio de Londres, ont annoncé le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie.
Un automne qui pleure, un cœur blessé, une langueur monotone : voilà de quoi engendrer une bien grande mélancolie. Et pourtant, par-delà cette tristesse infinie, bien des résistants ou autres patriotes ont su discerner une espérance formidable. Enfin la Libération ! La servitude, le sang et les larmes vont enfin se terminer, pour faire place à la paix et à la joie !
Depuis si longtemps que cela avait duré !
Nostalgie
Alors que les arbres sont dénudés, que les jours raccourcissent, que l’hiver approche, nous serions peut-être amenés, à l’instar de Paul Verlaine, à verser dans la nostalgie, la mélancolie ou la dépression saisonnière.
Où sont passés les beaux jours… ? Non pas seulement les beaux jours de l’été qui s’est achevé en donnant un regain de « canicule » estivale, mais aussi les beaux jours du passé de nos vies personnelles où tout allait si bien, ainsi que les beaux jours de nos Églises où tout semblait se dérouler au mieux, où chacun était investi dans sa mission de chrétien…
Où sont passés les beaux jours… ? Une tendance à regarder en arrière, à embellir le passé…
Oubliés les conflits enfouis dans la mémoire collective… Oubliées ces racines d’amertumes qui ne demandent qu’à ressurgir et proliférer...
Peut-être… ou pas… Alors Bonjour Tristesse…
Espérance
Pourtant, si on y regarde de plus près, tout nous appelle à l’espérance… Un peu comme ces vers de Verlaine qui, s’ils s’inscrivaient dans un contexte de conflit mondial lors de leur utilisation en 1944, annonçaient, malgré des jours difficiles marqués par des combats et des luttes, une espérance nouvelle… un regard qui se tourne vers le futur !
En cette période d’automne, les textes qui nous sont proposés dans la liste de lectures de notre Union pour les dimanches sont tous tournés vers l’avenir. Et quel avenir : Le retour du Christ. Je pense particulièrement à ce passage de l’évangile de Matthieu (25:13) « Veillez donc car vous ne savez ni le jour ni l’heure ».
Plutôt que de verser dans la mélancolie, le regard tourné vers l’arrière, ce texte nous invite à prendre une attitude de veille active en attendant « Le Beau Jour » (un peu comme ces résistants qui savaient qu’il fallait passer à l’action).
Alors plutôt que la tristesse, l’Espérance !
Yves Liénard, pasteur à Matha