La foi agissante par l’amour (Galates 5.6)
Dans quelle direction agir, pour réaliser dans ce monde ce que Dieu attend de moi ? Comment être un chrétien fidèle ? Cette question on ne l’aborde jamais d’une manière neutre. L'un des principes qui déterminent l'approche pourrait s'exprimer ainsi : "plus c'est spirituel, plus c'est fidèle".
Entendons par "spirituel" tout ce qui se rapporte à la prière, à la lecture de la Bible, au témoignage, à la participation aux activités de l’Église. Et puis on établira à l’intérieur de ces domaines des gradations : les tâches matérielles, dans l’Église c’est bien… mais faire partie d’un groupe d’étude biblique approfondie c’est mieux ! Faire des travaux manuels ou du soutien scolaire avec les enfants, c’est bien… mais leur enseigner les histoires de la Bible c’est mieux. Et on peut continuer dans cette perspective en particulier dans la prière, la louange serait mieux que la prière de demande et à l’intérieur de la louange, l’adoration serait encore mieux que l’action de grâce : dire merci à Dieu pour « ce qu’il est » serait tellement plus élevé que d’en rester au pauvre merci pour « ce qu’il fait »… comme si Dieu ne s’exprimait pas, aussi et tellement, dans ce qu’il fait.
Rien de nouveau…
Les Églises du Nouveau Testament ont connu cela. Aux chrétiens de Galatie on disait : la vraie fidélité, c’est de reprendre les rites de la loi de Moïse, à ceux de Corinthe on disait : la vraie fidélité, c’est une spiritualité extatique, à ceux de Thessalonique on disait : le travail, les choses de la vie courante, ne comptent pas, la seule chose qui vaille c’est d’attendre du ciel que le Christ revienne. Et voilà trois groupes de chrétiens, trois pyramides différentes avec chacune sa spécialité.
Une indication claire : la foi agissante par l’amour
En quelques mots, c’est toute l’existence chrétienne qui est ici décrite.
La foi d’abord ; par ce mot Paul décrit le fondement de la relation avec Dieu. S’approcher de Dieu par la foi, c’est reconnaître humblement combien nous sommes en défaut par rapport à ce qu’il est en droit d’attendre de nous ; mais c’est tout attendre de Jésus, de son œuvre parfaite à la croix pour recevoir, gratuitement, son pardon, son accueil.
La foi agissante par l’amour, voilà l’anti-pyramide. Quelle ouverture, quel champ d’action ! La portée de ce principe est claire : donner de l’amour là où l’occasion se présente ; et quand je le fais, je réalise l’un des éléments de ma vocation d’enfant de Dieu sur la terre. Le parfum que Dieu voudrait que nous laissions autour de nous est celui d’hommes et de femmes qui donnent l’amour autour d’eux. Quelle qu’en soit la manière : un sourire, une poignée de main, un geste de solidarité, une parole d’encouragement, la prière, l’annonce de ce que Jésus veut être pour l’autre, un service très concret…
La générosité de Dieu
Tout cela ce vit dans l’Église mais aussi hors de l’Église. La foi agissante par l’amour s’exprime par des mots mais aussi sans paroles ; je veux faire de ce texte une devise pour chaque situation de ma vie.
C’est dans cette perspective que Paul invite à ne pas se « lasser de faire le bien ». À semer, semer encore, ces gestes d’amour, qui feront du bien… agir ainsi c’est être en plein dans ce que Dieu attend de nous.
On notera la générosité de Dieu dans son souci des hommes. Il veut que se développent et s’épanouissent, des relations bienfaisantes, harmonieuses qui donnent sa saveur à la vie. Cette générosité, Dieu l’a illustrée en Jésus…venu accomplir le salut des hommes.
André Courtial, pasteur retraité des EEL