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Accueil Méditations Question de racines - Colossiens 2.6-7

« Enracinez-vous en Christ… »

Quelle est la première question que l’on pose à quelqu’un qui appelle d’un téléphone fixe ? C’est : « comment vas-tu ? » Et à quelqu’un qui appelle d’un portable ? C’est : « Où es-tu ? » Celui qui est à l’autre bout du « fil » peut en effet être n’importe où ! Loin, très loin… Près, et même juste à côté. Certaines technologies (bien pratiques d’ailleurs, dans certains cas) permettent presque de donner l’impression que l’on est partout à la fois. Et peut-être que certains aimeraient être partout à la fois. Mais on ne peut pas ! On peut tout au plus faire semblant.

La réalité, c’est que nous avons besoin de racines. Tout le monde en a besoin. De même qu’une plante qui n’a pas de racines se dessèche et meurt, une personne qui n’a pas de racine se trouve dans une situation d’instabilité et de sécheresse morale et spirituelle.

L’enracinement d’un déraciné

Cette fameuse question – où es-tu ? – n’est pas nouvelle. Dieu, déjà, la posait à Adam dans le jardin d’Eden. Dieu s’adresse à des déracinés. Adam et Eve viennent juste de couper le lien qui les unissait à lui : ils n’ont plus de racine, ils sont seuls, ils se cachent.

En réalité, le Seigneur sait très bien où sont Adam et Eve. La question qu’il pose ressemble un peu à celle qu’on pose à des enfants qui jouent à cache-cache et qu’on fait semblant de chercher… à la différence près que dans le livre de la Genèse, il ne s’agit pas d’un jeu. « Où es-tu ? » Adam et Eve ne savent peut-être plus eux-mêmes où ils se trouvent. La conversion, dans un sens, c’est un enracinement : l’enracinement d’un déraciné.

Bien enraciné pour mieux vivre

L’enracinement est une valeur positive dans la Bible. Esaïe, décrivant les temps messianiques, dit ceci : Jacob prendra racine, Israël fleurira et fera des bourgeons, il couvrira de fruits la surface du monde (Es 27.6).

Selon la parabole du semeur, celui qui n’est pas enraciné dans la Parole est inconstant ; lorsqu’il rencontre des obstacles sur son chemin, il abandonne (Mc 4.17).

Par ses racines, une plante puise dans le sol la nourriture qui lui est nécessaire. Les racines fournissent l’énergie et les ressources nécessaires à la vie quotidienne et à la vie de foi. Qui peut dire ce que nous réserve cette année ? Qui peut savoir d’avance quel sera le chemin, s’il y aura des montées, des descentes, des obstacles ? Celui qui n’est pas enraciné sera comme un bateau qui a descendu les voiles et qui a oublié de jeter l’ancre : entraîné par tous les vents et tous les mouvements de la mer. Seul un solide enracinement nous donnera l’énergie et les ressources dont nous aurons besoin pour vivre.

Certains diront : à être trop enraciné, on ne peut plus avancer ! C’est ce qu’on a parfois pensé à propos de l’apôtre Paul. Paul est tellement enraciné dans des convictions fortes que certains lecteurs l’ont accusé de rigidité ! Mais c’est une très mauvaise lecture de Paul.

Paul fait face à une telle diversité de situations, de personnes, de questions, de lieux, d’Eglises… Et pourtant il parvient à prendre en compte cette diversité : s’il avait été un apôtre rigide, le christianisme n’existerait plus aujourd’hui !

Enracinement et souplesse

Que se passe-t-il lorsqu’une plante bien enracinée est secouée par un vent fort ? Si sa tige est souple, elle ne casse pas ; si sa racine est solide, elle n’est pas arrachée. Elle plie mais elle tient bon. Un bon enracinement permet une grande souplesse. Et nous avons besoin de cette souplesse : dans nos activités de la vie courante, dans nos relations les uns avec les autres, dans nos relations entre Eglises, pour gérer les questions difficiles, etc. Cette souplesse n’est rendue possible que par un enracinement profond. L’enracinement sans souplesse, ça serait effectivement de la rigidité. En cas de tempête, ça casse. Mais la souplesse sans enracinement, c’est l’arrachage ! La plante arrachée est alors emportée par le vent et tordue dans tous les sens.

« Plongez vos racines en Christ » : voilà ce qu’écrit Paul aux Colossiens. Une foi comme celle-là ne sera pas facilement renversée. Une foi comme celle-là donnera une stabilité qui ne sera pas facile à détruire.

 

Christophe Paya, pasteur