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Accueil Méditations Le Christ s’est bel et bien réveillé d’entre les morts : il est les prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15:20 - NBS)

Le Christ s’est bel et bien réveillé d’entre les morts : il est les prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15:20 - NBS)

meditationsSi nous lisons un peu attentivement nos Bibles, nous y voyons que Jésus est mort la veille du sabbat de Pâque, que le jour de la Pâque il était au tombeau et qu’il est ressuscité le lendemain (dimanche), jour de la fête des prémices. Bien plus tard, au 2e siècle, des chrétiens ont commencé à célébrer l’anniversaire de la résurrection et, je ne sais pas pourquoi, ils ont appelé Pâque ce qui était en fait le jour des prémices. Or, j’aime beaucoup la fête des prémices. Au cours de la cérémonie le prêtre « agitait devant l’Éternel » une gerbe des premières orges qui venaient de grainer. Le climat de la Palestine est plus clément que le nôtre. C’était une belle fête à la fois agricole et religieuse. Le religieux et le profane dans la même célébration. Pour le croyant de la Bible, le sacré est continuellement présent dans la vie courante. Et nous-mêmes, que nous soyons au culte, au travail, à la chasse ou à table, nous ne cessons jamais d’être chrétiens.

L’Église, très tôt, a été polluée par des philosophies grecques qui opposaient le matériel au spirituel, les ténèbres à la lumière, le profane au sacré, l’esprit étant très supérieur à la matière. Cette pensée a engendré des mouvements comme les gnostiques, le pauliniens et, plus près de nous les cathares en Languedoc. On la retrouve dans l’ancien catholicisme avec des interdits alimentaires et autres « œuvres de chair ». Même nos milieux piétistes n’en sont pas indemnes. Or ce n’est pas la pensée de la Bible. La création, œuvre de Dieu, y est déclarée « très bonne ». La vie est belle, précieuse, elle est donnée par Dieu et, même misérable, elle est infiniment digne d’être vécue.

Les prémices

 « Le Christ s’est bel et bien réveillé d’entre les morts : il est les prémices de ceux qui se sont endormis » (1 Co 15:20 - NBS). Il est vrai que si l’on appelle « pâques » au lieu de « prémices » le jour de la résurrection, le jeu de mot de Paul (qui me parait évident) tombe un peu à plat ! Mais quelle formidable espérance. Comme la gerbe des prémices exprimait l’espoir de la récolte avenir, la résurrection est pour nous le gage de notre propre résurrection. Il faut un certain courage, dans notre société sceptique, pour parler de la résurrection. Mais elle est indissociable de l’Évangile. « Il a été livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification ». Quitte à passer pour des naïfs d’un autre âge, il faut l’affirmer.

Chorégraphie

Il y avait, sans doute, dans le geste du prêtre, quelque chose de beau. Une sorte de chorégraphie. Peut-être que notre légendaire sobriété huguenote, notre goût du travail efficace, sérieux, notre mépris de l’inutile, notre discipline… n’ont pas contribué à faire de nous des poètes, des cueilleurs de fleurs, des contemplatifs, des amateurs de belles choses, des agitateurs de gerbe devant l’Éternel.

Pour finir, la fête des prémices annonçait le début du printemps. Moi qui suis à l’automne de ma vie, j’aime le printemps. Depuis toujours. La sève montante, les bourgeons qui éclatent, les premières fleurs, les ruches qui élèvent du couvain… tout parle de vie nouvelle. En attendant la vie nouvelle et définitive dans la Nouvelle Jérusalem, mordons à pleines dents dans celle que Dieu nous donne aujourd’hui.

Jean-Claude Rocher, pasteur des EEL de Florac et du Collet de Dèze