Menu Content/Inhalt
Accueil Méditations Mais vous avez été lavés… (1 Corinthiens 6.9-11)

Mais vous avez été lavés… (1 Corinthiens 6.9-11)

meditationsDans les paroles qu’il adresse aux chrétiens de l’Église de Corinthe, en mentionnant ceux qui se livrent au péché l’apôtre Paul affirme : « ils n’hériteront pas le royaume de Dieu », ajoutant : « c’est là ce que vous étiez, quelques-uns d’entre vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Co 6:10-11).

À l’évidence, l’apôtre Paul a voulu absolument répéter le mot « mais » (1).  Le contexte permet de comprendre son insistance. En effet, dans la ville de Corinthe, qui avait une très mauvaise réputation morale, plusieurs habitants se sont convertis, mais les travers de l’ancienne vie ont du mal à disparaître complètement chez quelques-uns. Un seul verset suffit ici pour présenter la situation, 5:11 : « On entend parler constamment d’inconduite parmi vous ».

Une opposition totale

Ainsi l’apôtre veut mettre un accent très fort sur l’opposition totale entre l’ancienne vie et la vie nouvelle, grâce à l’œuvre parfaite de Jésus-Christ et du Saint-Esprit dans les cœurs (fin du verset). Il rappelle l’événement prodigieux qui s’est produit chez ces Corinthiens : « mais vous avez été lavés ; mais vous avez été sanctifiés » (mis à part pour Dieu qui les a fait passer de la corruption du péché à la vie d’enfants de Dieu) ; « mais vous avez été justifiés » (Dieu, dans sa grâce, a mis à leur compte la justice du Christ, et a prononcé leur acquittement). Ces chrétiens sont donc vivement appelés à vivre leur vie nouvelle.
En fait, au-delà de cet avertissement-exhortation, il y a aussi dans les paroles de l’apôtre, un puissant encouragement : vous étiez perdus, vous étiez esclaves, mais soyez pleinement rassurés, vous avez été libérés ; l’Adversaire, ni personne, ne peut plus vous accuser devant Dieu qui a fait de vous ses enfants, et vous pouvez répéter : « mais j’ai été… »Ainsi le mot  « mais »  dans ce verset, exprime une forte opposition dans un double sens : vous devez abandonner vos travers car Jésus est mort pour vous redonner vie, et cette œuvre du Christ est votre force.

Dans la vie du chrétien

On peut en  conclure que, dans la vie du chrétien, il y a, en quelque sorte, toujours la place (à ne pas oublier) pour ce mot « mais », dit au bon moment, intérieurement (ou en paroles selon le cas) : le chrétien a le pouvoir de dire « mais » avec force (c’est son encouragement) et il doit le dire (ce sera sa vigilance). Et si nous oublions de le vivre dans la vigilance, le Seigneur peut, cette fois, le dire à notre encontre, comme dans quelques lettres de l’Apocalypse : « Mais j’ai contre toi que… » (Ap 2:4, 14, 20).
Pour l’encouragement, nous avons de nombreux  exemples dans la Bible et plusieurs témoignages dans toute l’histoire qui a suivi ! Citons aussi Jésus : « mais prenez courage, moi, j’ai vaincu le monde » (Jn 16:33)… Cet encouragement sert encore lorsque les apparences sont tout à fait contraires : la situation paraît grave, les circonstances semblent défavorables, mais… Dieu  agit. (Les Hébreux étaient arrêtés par la Mer Rouge, sans plus de solution, mais… Dieu était là !). La foi attend.
Pour la vigilance, rappelons les paroles de Jésus lorsqu’il s’est absolument opposé à Satan lors de la tentation au désert (Mt 4) : ses réponses contenaient des « mais » sous-entendus. Job a opposé un  non clair : maudire Dieu ? Pas du tout ! « Vous étiez… Mais vous avez été… »

Raymond Brunel, pasteur retraité des EEL

(1) Étonnamment supprimé par des versions pour les deux derniers verbes, alors qu’il est d’origine.