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Lève-toi Jérusalem, rayonne de lumière (Ésaïe 60:1)

En France, on met tellement l’accent sur Noël, sur la naissance de Jésus, qu’on passe nécessairement avec plus de discrétion sur l’épiphanie. Dans d’autres pays, c’est à cette occasion qu’on fait la fête, qu’on offre des cadeaux. L’épiphanie est la fête de la manifestation de Dieu. Dieu est apparition, révélation, épiphanie. C’est même là l’essentiel de la religion chrétienne ; Dieu se donne à voir, Dieu se révèle, Dieu vient à nous, Dieu se fait connaître à notre niveau, à hauteur d’homme.
Dieu s’est approché
Nous sommes plus enclins à penser que Dieu se cache, qu’il faut le chercher « à tâtons », qu’il s’agit de foi et non de sentiment. Mais ce qui fait la particularité du christianisme, c’est que Dieu s’est incarné, s’est révélé à nos sens. Croire que Dieu a créé l’homme à son image, c’est deviner à quel point Dieu désirait cette communion, cette proximité entre lui et nous. Un Père de l’Église disait « quand Dieu formait le corps d’Adam, il pensait déjà au Christ qui serait un jour un homme ».
Dès le jardin d’Eden Dieu est communion. Sa voix parcourt le jardin à la fraîcheur du soir. Et malgré le péché d’Adam, malgré la communion rompue, Dieu s’obstine à se révéler. À Abraham, Dieu rend visite dans sa tente, avec Moïse ; il parle face à face, comme avec un ami. Les prophètes ont avec lui des conversations que nous n’avons même pas avec nos amis les plus proches. Dieu sans cesse soulève le voile, jusqu’au jour où il le déchire du haut en bas, pour nous atteindre, là, en bas.
 
Ceux qui s’engagent
C’est quand nous nous mettons à l’écoute de sa parole que Dieu se révèle. Quand Jésus enseignait, ceux qui avaient un cœur pur se laissaient instruire, toucher, changer par sa parole. S’ils se trouvaient tout à coup indignes, c’est que précisément, ils venaient de le reconnaître. Il leur révélait à la fois qui ils étaient et de quel amour le Père les aimait. C’est ce qui explique ces gestes fous du parfum répandu sur les pieds, de Zachée qui donne sans compter, des gardes qui renoncent à l’arrêter « jamais homme n’a parlé comme cet homme »…
C’est aussi lors du culte, de la Cène, de la communion fraternelle, qu’il s’approche de nous, que notre « cœur brûle tandis qu’il nous explique les Écritures ». La révélation de Dieu n’atteint sûrement pas beaucoup les spectateurs ; elle est réservée à ceux qui s’engagent. Ceux qui s’engagent quand ils lisent l’Évangile à s’y reconnaître et à le mettre en pratique, ceux qui s’engagent quand ils communient et quand ils prient, qui s’engagent à pardonner, à partager, ceux qui s’engagent à faire avancer le règne de Dieu, à accomplir sa volonté, à pardonner, à partager.
Les mages étaient bien moins savants des choses de Dieu que les érudits de Jérusalem, mais ils se sont engagés, ils sont venus…et ils ont vu.
 
Présence de Dieu
Nous pourrions tous témoigner que de temps en temps, lors d’une cérémonie, lors d’un culte, lors d’une visite à l’hôpital, ou lors d’une rencontre avec un ami, lors d’une promenade, nous avons senti, tout à coup que Dieu était là, présent avec nous. La nuit s’éclairait. Par pudeur, nous n’aurions pas osé le dire, mais nous avons su que nous entrevoyions la gloire de sa présence.
Que nos moments de lumière soient trop souvent entrecoupés de ténèbres ne change rien à l’affaire. Nous savons parce que nous l’avons vue, que la lumière est.

Daniel Poujol,
pasteur retraité des EEL