Se souvenir seulement ?
Hébreux 13. 7 : Souvenez-vous de ceux qui vous dirigent, qui vous ont dit la parole de Dieu ; regardez l’issue de leur vie et imitez leur foi…Peut-être n’aimez-vous pas le mois de novembre… Après tout, les raisons peuvent être multiples : Mal placé dans le calendrier : après un été de détente et de soleil, ou une belle période de récoltes, avant un mois qui nous porte vers Noël, c’est le mois le plus ténébreux, celui des pleurs, de la tristesse et de la mort car il commence par les fêtes de la Toussaint et des Trépassés. Faut-il en rajouter en parlant du brouillard, de la pluie, des feuilles mortes, des premiers frimas et des jours qui n’en finissent pas de raccourcir ?
Fécondité et vie
Dois-je vous confesser que pour autant, ce mois ne me déplaît pas. Non seulement parce que la nature, avant de se reposer revêt ses plus beaux atours. Des poètes l’ont si joliment dit : « L’air est si parfumé, la lumière est si pure ! ». Mais encore parce que ce cycle de saison est porteur de fécondité et de vie… donc d’espérance. Alors, mois des regrets, du deuil, des nostalgies de toutes sortes, mois du souvenir seulement ? Certainement pas ! Tout ne finit pas avec la mort. Le dernier mot de Dieu n’est pas dit. C’est à l’occasion du départ de l’une de mes tantes que j’ai relu et reçu ce verset de l’épître aux Hébreux d’une autre manière. « Souvenez-vous de ceux qui vous dirigent, qui vous ont dit la parole de Dieu ; regardez l’issue de leur vie et imitez leur foi. Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours ».
Avant tout : imiter leur foi
Certes, comme nous, nos aînés n’ont pas été parfaits. D’où la nécessité d’une sobre évocation au moment du culte d’actions de grâces, au moment où ils nous ont quittés. Mais il faut garder ce qui est positif et surtout ne pas oublier leur parcours. Ce verset ouvre toute une perspective, un chemin pour tous ceux qui restent, jeunes ou moins jeunes. Avec d’abord la paix de les savoir dans la présence de Dieu, voilà une feuille de route, ô combien passionnante qui ne doit pas nous laisser oisifs.
Précieux cadeau que le père fait à tous ses biens-aimés croyants, c’est le devoir d’imiter leur foi. Leurs actes, leurs comportements, leurs attitudes ou leurs engagements n’ont pas été exemplaires. Mais pour nous, aujourd’hui, l’essentiel consiste à placer, comme eux, notre confiance dans le Dieu de Jésus-Christ. Ce cap qu’ils ont maintenu tout au long de leur vie, dans les bons et les mauvais jours. Ils ont « gardé la foi » malgré les revers, les épreuves, les silences de Dieu, les pourquoi de l’existence. Une foi solide, ancrée sur la parole d’un Dieu qui ne ment pas. La certitude que « Jésus-christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours ».
C’est cette foi qu’il nous faut imiter, dans les jours les mois, les années qui nous restent à vivre. Nos choix, nos options ne seront pas les mêmes, car le monde évolue vite. Mais Dieu que nous aimons et servons saura nous conduire. Plus précieux que le souvenir, c’est une foi vivante qui doit guider nos vies, dans un solide attachement à Dieu.
Charly Marilleau
Pasteur retraité des EEL
Charly Marilleau
Pasteur retraité des EEL