Je me tiens à la porte et je frappe… (Ap 3:20)
Cette parole de Jésus, parmi les plus connues et les plus citées, est une des plus frappantes qui soient, et cela à plus d’un titre. D’autant que l’image qu’elle donne du Seigneur contraste fortement avec les mots sévères par lesquels il juge l’Église de Laodicée.Jésus fait du porte à porte
A quelle porte Jésus frappe-t-il ? Le contexte invite à répondre : à celle de l’Église de Laodicée. Or, surprise, c’est une réponse individuelle qu’il attend : « Si quelqu’un ». Certes, sa lettre fait appel à la conscience communautaire mais c’est une réponse personnelle qu’il espère de la part du fidèle qui se laisse reprendre par la parole de son Seigneur. Qu’une porte s’ouvre toute grande devant lui et ce sont des dizaines d’autres qui peuvent s’ouvrir en cascade…
S’il frappe à la porte, c’est qu’il est dehors… Pourtant, n’est-il pas chez lui dans la maison (la vie du fidèle ou de l’Église locale) ? Certes, mais sans doute est-ce le locataire qui ne souhaite plus vraiment sa présence. Et comme Jésus respecte la personnalité de chacun, il préfère se retirer, sur la pointe des pieds. En effet, Jésus n’est pas à l’aise chez ceux qui, malgré la piété affichée, sont si riches d’eux-mêmes qu’ils n’ont plus besoin de lui. Il préfère, et de loin, habiter chez celui qui, se sachant pauvre, aveugle et nu, attend constamment de lui l’or de la vraie connaissance de Dieu, le vêtement blanc de son pardon et le collyre du discernement que donne son Esprit.
Pourquoi donc revient-il frapper à la porte d’une maison où sa présence n’est pas ou plus vraiment désirée ? Parce qu’il est plein d’amour pour ceux qui sont pauvres et nus et, de surcroît, affligés de cécité. Puisqu’il possède toutes choses, il sait bien que son seul retour peut transformer aussitôt leur taudis en un palais royal.
Il ne crie pas : « Sésame, ouvre-toi ! »
Il frappe à la porte et, en même temps, il appelle : aussi de l’intérieur peut-on reconnaître sa voix. Il pourrait défoncer la porte ou bien prononcer une parole d’autorité qui obligerait à sortir à sa rencontre (Jn.11:43). Non. Il appelle et, patiemment, attend qu’on lui ouvre et qu’on le fasse entrer. Puisque le verrou est de mon côté, il me revient de le manœuvrer, de tirer la porte et d’accueillir… mon invité ?
Celui qui prend ainsi le risque de frapper à la porte n’est pas un démarcheur, encore moins un mendiant. Parfait représentant du Père, c’est en divin pédagogue qu’il se présente auprès de ses disciples actuels et futurs, car ils sont innombrables tous ceux qu’Il aime (v.19), qu’ils soient à l’intérieur ou, encore, à l’extérieur de l’Église.
En fait, qui est l’hôte ?
Puisque je suis pauvre et de surcroît aveugle, comment puis-je le recevoir dignement ? Et quel coin de mon taudis pourra lui convenir ? Vraiment, à part mon toit, je n’ai rien de bon à lui offrir. Mais dès qu’il entre, un miracle se produit : c’est Lui qui me fournit tout ce qui est nécessaire pour que je puisse l’accueillir royalement… puisqu’il est le Roi des rois. Oui, là où j’habite, il m’offre son repas (Es.55:1ss.) et le partage avec moi comme le font deux amis intimes. Et ce n’est pas tout ! Il m’offre même une place sur son propre trône (v.21), lequel est si immense qu’il y a place pour chacun de ses amis (Jn.14.2) ! Serais-je encore assez fou pour le laisser dehors ?
Maurice Hadjadj,
pasteur retraité des EEL
Maurice Hadjadj,
pasteur retraité des EEL