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Happy end !  (1 Th 4:13-18)

Un petit supplément illustré sur l’espérance que permet la résurrection...
Happy end : le Petit Robert explique « Heureuse fin (d’un film tragique) souvent considérée comme une concession au goût du public… » Ou, dans le langage courant « dénouement heureux. »


 
La langue française est pleine de nuances et de mystères pour l’étranger. J’ai appris, il y a quelque temps, une chose que je ne savais pas. Il s’agit de la prononciation du mot « stagner ». J’ai toujours pensé que cela se prononçait avec un « gn » comme dans « signe », « ligne », « épargne »... Mais non, me disait celui qui me corrigeait, le « g » est dur comme dans « grand » et « gras », « gosse » ou « gamin ». Cherche à comprendre ! Mais un mystère ne vient jamais seul ; il n’y a pas très longtemps j’ai découvert une autre nuance de la langue française. Voilà un bon mot français : « happy end ». Bien sûr tout le monde connaît ce mot emprunté de l’anglais, mais est-il masculin ou féminin ? Voilà une colle. Alors selon le Petit Robert il est masculin ou féminin. C’est au choix ! Cela m’a plu. Voilà au moins un mot où je ne risque pas de me tromper ! Happy end : le Petit Robert explique « Heureuse fin (d’un film tragique) souvent considérée comme une concession au goût du public… » Ou, dans le langage courant « dénouement heureux. »
 
Comme au théâtre
La mort de Jésus est comme un tomber de rideau. Nous sommes au théâtre, la pièce se termine, le héros meurt, ses amis pleurent. Et nous, pendant la durée de la pièce, nous nous sommes trouvés pris dans l’action. Nous avons vibré avec l’espoir que suscitait le héros. Nous nous sommes mis à rêver d’un nouveau monde, d’un monde meilleur où paix et espérance seraient à la portée de tous. Mais au fur et à mesure que la pièce se déroulait nous avons réalisé que tout le monde ne voulait pas de notre héros ni de son dit « royaume ». Intrigue : un traître dans l’équipe, manipulation des foules… la tension monte… Alors que des soldats emmènent le héros, que la condamnation est décidée, nous sommes pris par l’émotion, il y a des larmes dans la salle. Deux acteurs récupèrent le corps sans vie, l’enterrent comme ils le peuvent. Des femmes, impuissantes, assistent au loin à la scène… et le rideau tombe !
 
La résurrection est alors le plus étonnant, le plus inattendu et le beau happy end de l’histoire. Et ce happy end ne doit rien à une concession quelconque au goût du public ! Les larmes de Marie-Madeleine se transforment en joie, les disciples craintifs derrière des portes bien fermées découvrent que leur Maître est plus que vainqueur, et l’incrédulité obstinée de Thomas « Si je ne vois pas… je ne croirai point » se transforme en une déclaration de foi la plus radicale : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
 
 
Dans la vie
Qui n’a pas pleuré la mort d’un des siens ? Qui n’a pas vécu comme un tomber de rideau le départ d’un être cher ? La vie ne sera plus la même. La mort est effectivement quelque chose de terrible. L’apôtre Paul l’appelle très justement : « le dernier ennemi » (1 Co 15:6). Pourtant l’Évangile promet un happy end ! La résurrection de Jésus annonce comme « prémices » d’autres résurrections ; plus, elle annonce une nouvelle création : « un ciel nouveau et une terre nouvelle… la nouvelle Jérusalem, belle comme une mariée qui s’est parée pour son époux. » Et alors : « Voici la Tente de Dieu avec les hommes. Il habitera avec eux ; ils seront ses peuples et lui, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni plainte, ni souffrance. »
 
Certes, nous pleurons parfois, mais pas comme ceux « qui n’ont pas d’espérance ». Il y aura, nous le savons, un happy end !

Clive Charlton,
Pasteur retraité des EEL