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Accueil Méditations « Si tu confesses le Seigneur Jésus de ta bouche… » (Romains 10:8-10)

« Si tu confesses le Seigneur Jésus de ta bouche… » (Romains 10:8-10)

Adhésion du cœur et confession de la bouche étaient déjà dans le judaïsme appliquées à la Torah et à la foi des juifs. Le chrétien est donc, comme le juif, un « professant de bouche et de cœur » - sa spécificité est de confesser Christ Seigneur et vainqueur de la mort.
En cette année commémorative du 500e anniversaire de la naissance de Jean Calvin, il m’a paru plaisant, de revisiter le commentaire du père réformateur
« En quelque lieu que se trouve la parole du Seigneur, là elle doit fructifier. Or le fruit de la bouche, c’est la confession. Ce passage peut nous aider et servir à entendre la justification par la foi, car il montre que nous obtenons la justice, du fait que nous embrassons la bonté de Dieu qui nous est présentée dans l’Évangile. C’est donc par ce moyen que nous sommes faits justes, à savoir, parce que nous croyons que Dieu nous est propice en Christ. Mais notons ici que le siège de la foi n’est point au cerveau, mais au cœur. Toutefois je ne voudrais point débattre de cela, à savoir en quelle partie du corps gît la foi. Mais parce que le mot de cœur est souvent pris pour une affection vive et non feinte, je dis que la foi est une confiance ferme et pleine d’efficacité et non pas seulement une connaissance nue.
Cependant, on ne doit point inférer (déduire) de ceci que la confession soit cause de notre salut. L’apôtre a simplement voulu donner à entendre (voulu dire) par quel moyen Dieu parfait et accomplit notre salut quand par la confession, il fait venir en évidence la foi qu’il a mise en nos cœurs. Car la foi doit embraser le cœur d’un désir de gloire de Dieu, de telle sorte que la flamme s’en montre au dehors. Et de fait celui qui est justifié obtint déjà le salut. Croire de cœur, n’est donc pas à salut que confesser de la bouche. Car il est impossible de croire de cœur, sans confesser aussi de bouche.
Au reste, que ceux qui se vantent aujourd’hui fièrement de je ne sais quelle foi imaginaire6, laquelle, se contentant du secret du cœur, se dispense de la confession de la bouche, comme d’une chose superflue et inutile, avisent bien à ce qu’ils répondront ici à Saint Paul. Car c’est une niaiserie trop évidente, de dire qu’il y a du feu, là où il n’y a ni flamme ni chaleur aucune. »
 
Ces exhortations de Calvin à propos des Nicodémites (allusion polémique ici à l’intention des Nicodémites qui à l’exemple du docteur de la Loi voulaient écouter le Christ sans déplaire aux hommes) sont d’une étrange actualité. Les Églises évangéliques libres accueillent plus de « sympathisants » que de membres professants. Faut-il ajouter aux propos du réformateur, à l’intention de nos frères et sœurs non encore déclarés que la profession de bouche peut être aussi une cause de joie profonde pour soi et dans l’Église ? La profession de la foi n’est certes pas le salut, mais elle en exprime la présence. Elle témoigne de la vie du Christ en nous. Et ce fruit est tout simplement délicieux !

Par Pierre Lacoste
pasteur de l’EEL de Cannes