Ainsi en est-il du Royaume de Dieu... (Marc 4:26-32)
Nous vivons une époque formidable ! Jamais dans son histoire, l’humanité n’a été aussi riche et aussi bien équipée. Mais il suffit de lire les journaux pour voir que les gens sont inquiets. Quel avenir pour nous et nos enfants ? Pourrons-nous maintenir le standing ? Les soucis sont justifiés : réchauffement climatique, crise économique... et si nous pouvions remonter le temps, nous observerions la chute de grandes civilisations : Babylone, la Grèce, Rome… Aujourd’hui, il n’en reste que de vieilles pierres, des musées, des souvenirs. Aucun royaume humain ne dure et aucun d’eux ne nous procure paix et sécurité.
Plus fort que la mort
Il n’en est pas ainsi du Royaume de Dieu. Avec sa parabole de la semence qui pousse toute seule, Jésus enseigne l’inévitable croissance de son Royaume, alors que les nôtres finissent tous par s’éteindre. Contrairement à la parabole du semeur où les terrains sont rudes, il n’y a ici aucune difficulté. Le potentiel de croissance est dans la graine elle-même et rien ne peut empêcher son développement, tout comme une petite herbe arrive à percer le goudron. La croissance se fait malgré nous (verset 27). Même si le royaume du mal se répand lui aussi (un peu comme un virus ou un cancer), le Royaume de Dieu s’avère plus puissant.
Les hommes aussi construisent de grandes choses : des maisons qui « grattent le ciel », des avions. Ils marchent même sur la lune. Mais Jésus nous montre ici la grande particularité de son Royaume. Rien de ce qui est créé n’est aussi puissant et aussi dynamique que la vie. La graine qu’il est venu jeter sur la terre va inévitablement germer, croître et se multiplier. Par sa mort et sa résurrection, Jésus a montré que la vie est plus forte que la mort. Amen, amen, je vous le dis, si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit (Jean 12.24).
Plus petit que le plus petit
Le Royaume de Dieu est comme un organisme vivant. Son potentiel de croissance est en lui. Cette croissance se fait par étapes. Il y a d’abord l’herbe, puis l’épi, puis l’épi bien formé, et pour finir le fruit mûr de la moisson. Le Royaume de Dieu est en train de se développer, systématiquement, jusqu’à son accomplissement. Bien sûr, ce ne sont pas nos mains qui le construisent. Ce sont celles de Dieu. Mais quel privilège enthousiasmant que d’y être associés ! Si nous ne nous préoccupons pas d’abord de ce Royaume-là, nous passons à côté de la chose la plus importante qui soit.
Jésus est la semence, la plus petite de toutes. Mais il est le seul capable d’apporter la paix et la sécurité. Ce n’est pas une paix négociée, c’est une victoire remportée. Et comment a-t-il fait ? Est-il allé se battre avec les grands de ce monde ? Non, il a enseigné pendant trois ans en Galilée et en Judée, provinces parmi les plus insignifiantes de l’Empire. Il a passé ses jours avec quelques pêcheurs au bord d’un petit lac. Ou encore, il a rencontré cette Samaritaine dont la vie était une véritable catastrophe.
La graine de moutarde est la plus petite des semences, mais sa plante est la plus grande du jardin. Ainsi en est-il du Royaume de Dieu. Discrètement mais puissamment, il continue à croître dans nos cœurs et c’est dans nos relations les uns avec les autres qu’il est visible.
Par Ralph Frauchiger,
Pasteur des EEL d'Annemasse et de Cluse
Par Ralph Frauchiger,
Pasteur des EEL d'Annemasse et de Cluse