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Une rencontre qui change la vie (Marc 10.46-52)

A la sortie de Jéricho, Jésus, suivi de ses disciples et de la foule rencontre un mendiant aveugle. Mais rien n’est évident ni facile. On ne s’imagine pas au départ comment la vie de cet homme va être bouleversée. Pour ce faire, il faudra deux éléments complémentaires : la détermination de Bartimée, et la généreuse proposition de Jésus.
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Celui qui est devenu exclu, dépendant et marginalisé manifeste une volonté farouche. La foule bien pensante, soucieuse d’ordre et de bienséance lui intime l’ordre de se taire. Mais notre homme ne l’entend pas de cette oreille : il crie encore plus fort.

Il n’a plus rien à perdre et il en faudrait beaucoup pour arrêter son désir de rencontrer Jésus. Rejeté, désocialisé il a néanmoins une « bonne » théologie concernant le Messie. Il veut le voir maintenant. Il ne laissera pas passer la dernière occasion qu’il a de voir Jésus – ce dernier en effet, est sur le chemin de Jérusalem (ch. 11) la ville de sa passion.

Il a la même ténacité que Jacob qui disait à son adversaire nocturne : je ne te laisserai pas aller si tu ne me bénis pas, ou encore d’Élisée, collant aux basques du prophète Élie pour recevoir de lui une double part de l’Esprit. C’est à cette détermination que Jésus répond.

Nous pouvons nous demander si nous ne sommes pas parfois un peu trop timorés, hésitants ou attentistes. Jésus n’a-t-il pas dit : le royaume, ce sont les violents qui s’en emparent ?

Et si nous devenions des battants… sans toutefois donner des ordres à Dieu !

Recevoir

La réponse à cette attitude volontariste dévoile une royale générosité : qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Voici que les écluses des cieux sont ouvertes. Pour lui maintenant, Jésus est prêt à tout. Quand nous savons que « nous avons tout pleinement en Lui », ne voulons-nous pas crier à Dieu ?

Sommes-nous prêts à être bénis à la mesure de Dieu ? Croyons-nous que Dieu soit limité au point de ne nous donner que des miettes ?… ce qui serait déjà beaucoup !

Osons demander le meilleur pour nous, pour nos proches, pour nos Églises, pour le monde. Laissons-nous nous surprendre par la large proposition de Dieu : « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » C’est un questionnement intime, personnel, et il nous oblige à formuler nos besoins, nos envies, nos blocages en toute vérité et franchise.

Sincèrement, ne croyons pas qu’il y ait des choses impossibles de sa part. Hardis et déterminés dans nos demandes, voilà que Dieu lui-même nous ouvre des perspectives insondables au point d’en avoir le vertige… Ne craignons pas. Cela dit, la finalité c’est de nous « mettre à suivre Jésus sur le chemin » sans nous contenter d’avoir seulement les yeux ouverts… comme Bartimée. Aussitôt, il put voir, et il suivait Jésus sur le chemin…

Charly Marilleau,
Pasteur des EEL retraité