Un coeur pur
"Ô Dieu, crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé…" (Psaume 51.12).C’est le cœur qui fait l’Homme ! Lieu de son affectivité, de ses pensées les plus secrètes ou dévoilées, de ses résolutions les plus basses ou élevées, de son intériorité en un mot, le cœur humain est chez les écrivains bibliques le théâtre des grands enjeux de la vie. Quiconque veut vivre des jours heureux doit apprendre à veiller sur son cœur, car il est à la source de tout ce qui fait la vie (Pr 4.23).
Capable du pire
En effet, c’est là, dans le secret du cœur, que les motivations des actions humaines se forment, se nourrissent et s’extériorisent pour le meilleur ou le pire. Parlons sans feinte comme le Christ : « C’est du cœur de l’homme que proviennent les pensées mauvaises qui mènent à l’immoralité, au vol, au meurtre, à l’adultère, l’envie, la méchanceté, la tromperie, le vice, la jalousie, le blasphème, l’orgueil, et à toutes sortes de comportements insensés. Tout ce mal sort du dedans et rend l’homme impur. » (Mc 7.20-23).
L’expérience malheureuse de David dans l’affaire Bath-Shéba (cf. 2 Samuel 11 et 12), entre autres conséquence de la série convoitise, adultère et meurtre, doit nous alerter quant aux implications graves des projets que le cœur humain est capable de concevoir et d’enfanter. De cette expérience, David lui-même semble avoir localisé la source de sa défaillance morale dans son être intérieur : cœur et/ou esprit.
Il demande humblement à Dieu de façonner ou de créer (même verbe que celui du premier verset de la Genèse, qui évoque l’action divine et fondatrice de Dieu, qui produit tous les êtres et leur donne une forme) en lui un cœur pur, et de renouveler un esprit bien disposé en lui.
L’intégrité, la constance, la pureté morale que Dieu exige de ses enfants n’est pas toujours à notre portée, mais David nous apprend à demander à Dieu de nous offrir, dans sa grâce, ce qu’il nous commande dans sa justice. Qui pourra, en effet, se tenir dans le lieu saint de l’Éternel ? Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur (Ps 24.4).
Changer les cœurs
C’est dans notre cœur que se jouent les véritables enjeux de ce qui fait notre vie. Si la famille, cellule de base de toute vie sociale, est de plus en plus éclatée, c’est à cause de la dureté du cœur humain. Si tant de monde végète en dessous du seuil de pauvreté tandis qu’une minorité est dans le confort, voire l’opulence, cette forme d’injustice est davantage imputable à la dureté du cœur humain, plutôt qu’à la paresse. Si une nation s’élève encore contre une autre en 2009, que des vies humaines sont ensevelies sous une pluie de plombs et d’acier, c’est toujours à cause de la folie du cœur humain.
Et si les véritables enjeux de 2009 ne consistaient pas en la relance du pouvoir d’achat, mais plutôt en la régénération des cœurs ? Qu’adviendrait-il si l’Église demandait instamment à Dieu, comme David, de créer de nouvelles dispositions de cœur et de mentalité au sein de ses membres, au sein de la société, et au sein des responsables politiques et économiques ?
Une promesse sûre : « Je leur donnerai un même cœur, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de leur corps le cœur de pierre, et je leur donnerai un cœur de chair » (Ez 11.19 ; 36.26). Une béatitude du Royaume qui vient : « Heureux, dit Jésus, ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! » (Mt 5.8).
Par Paul-Achille Efona Efona,
pasteur de l’EEL de Gaubert
(Eure-et-Loir)