Menu Content/Inhalt
Accueil Méditations « Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, fils de Dieu »

« Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, fils de Dieu »

Nous voici sortis de Noël, avec sans doute un pincement au cœur et un peu de nostalgie. Dans vos Églises et au cours de vos lectures personnelles, vous n’avez pas manqué de cheminer avec Marie et Joseph sur le chemin de Bethléem. Vous avez suivi l’étoile… Et pour ce faire vous avez, j’en suis sûre, écouté les voix de Matthieu et de Lu c. Marc, lui, nous présente Jésus, le même, le vrai, sans bergers, ni mages ; sans moutons ni chameaux, ni âne, ni bœuf : tant pis pour les amis des animaux ! Le second évangile, c’est la bonne nouvelle sans fête de Noël. Jésus entre en scène pour son baptême (d’adulte bien sûr !). Après Noël, sans Noël même, il y a tout de même une Bonne Nouvelle intégrale, ramassée, concentrée dans les actes, l’enseignement, la vie d’un Jésus adulte.
La Bonne Nouvelle, c’est lui, expose Marc sur un ton aussi enthousiaste qu’abrupt : il suffit de le regarder, lui sur qui repose l’Esprit, lui qui est approuvé par le Père (1:11-12), lui qui vient enseigner avec autorité (1:22), guérir et libérer.

Chez Marc, Jésus est rarement seul : précédé par Jean-Baptiste, annoncé par les prophètes (1:2-7), il s’entoure très vite de disciples. Marc glisse sur les quarante jours au désert. (1:12-13).

Les moments de prière à l’écart, Jésus doit les arracher aux disciples, aux malades, à la foule (1:35).

Le Fils de Dieu prend sans cesse des bains de foule, des bains d’humanité. Il se livre à cette foule qui le poursuit, le réclame, le « pompe ». Une autre façon d’exprimer le « Dieu a tellement aimé le monde... » de l’Évangile de Jean. Oui, Dieu aime le « monde », « la foule », les « brebis sans berger » (6:34) passionnément. Dieu aime ce monde, pas seulement, et pas d’abord l’Église, les clubs de croyants où nous nous enfermons souvent.

Amour passion du Père et du Fils, parce qu’il y a urgence. Le Jésus de Marc n’a pas une minute à perdre, il se plonge dans la condition humaine et suscite tour à tour étonnement, frayeur ou hostilité.

« Le temps est accompli. Le royaume de Dieu s’est approché. Changez radicalement et croyez à la bonne nouvelle. » (1:15)

« Pêcheurs d’humains »

L’évangéliste est enthousiasmé par Jésus, et son Jésus lui révèle l’amour passion du Père pour les humains. Il y a urgence pour les chrétiens aujourd’hui à se laisser imprégner, habiter, renouveler par ces deux sentiments : foi et compassion ensemble, double dynamique inspirée du Saint-Esprit.

Nous voilà donc invités par Marc, en ce début d’année et en ces temps de « crise » à devenir « pêcheurs d’humains ». (1:17). Ni plus, ni moins. à rester debout, tels les marcheurs de Giacometti. La Bonne Nouvelle est trop bonne, vitale, enthousiasmante !

À la pêche, on se salit les mains, on peine, on patiente, on désespère parfois. Ainsi en est-il dans nos rencontres avec nos semblables, quand nous osons franchir les barrières sociales, culturelles, et nos habitudes. Mais on gagne aussi des trésors qui remplissent de joie.

« Osons la fraternité. L’autre, si différent soit-il, et à cause de sa différence dérangeante, est toujours le chemin obligé vers Dieu », écrit Saïd Oujibou (1).

2009 ! En marche pour un grand bain d’humanité, contre les préjugés, sur les traces de Jésus.

Par Francine Bonnet,
pasteur des Églises de Vabre
et de Viane (Tarn)

1. Auteur et interprète du one-man show « Liberté, égalité, couscous », disponible chez Média Espérance www.media-esperance.org.