Marie ! Joseph ! Les bergers !
Malgré la distance qui nous sépare d’eux dans le temps, les acteurs de la nativité, Marie, Joseph, les bergers, nous laissent un message étonnamment actuel.
Pensons à Joseph. C’est un homme admirable que ce fiancé de Marie ! Il doit faire face à une situation scabreuse, mais il aime cette jeune fille, et parce qu’il prend le Seigneur au sérieux il va assumer ses responsabilités et jouer son rôle de père adoptif de Jésus. Il veillera sur la vie du bébé menacé par Hérode, en l’élevant à Nazareth, en lui apprenant le travail du bois, en le préparant ainsi à devenir soutien de famille. On aimerait savoir ce que Joseph demandait pour Jésus dans ses prières. Il y aurait beaucoup à dire aujourd’hui sur la démission des pères. On a besoin de chefs de famille responsables, d’hommes intercédant pour leur compagne et leurs enfants, d’hommes aimants, présents, attentifs, qui éduquent vraiment, qui s’humilient quand il le faut et ne jettent pas la pierre aux autres pères. Ah ! Si le message de Noël pouvait « ramener le cœur des pères vers les enfants et celui des enfants vers leur père », que de dégâts seraient réparés, de torts redressés, de vies transformées ! Joseph, un modèle de père chrétien.
De vrais serviteurs
Avec les bergers de Béthlehem, nous rencontrons le monde du travail. Le métier de berger n’est pas de tout repos, loin de là. Soigner un troupeau exige compétence et présence constante. Les bergers évoquent la foule des gens dont l’existence est bourrée d’activités, qui n’ont pas le temps pour s’arrêter, réfléchir, prier. Pourtant les bergers des Evangiles, après avoir entendu la nouvelle « Il vous est né un Sauveur », sont partis, toutes affaires cessantes, pour aller contempler l’Enfant. Ils nous donnent l’exemple d’une foi qui sait prendre le temps de se nourrir, d’adorer, de rendre témoignage dans toutes les circonstances. Amis ! Quelle place donnons-nous au recueillement et au service ?
De vraies décisions
Et voici Marie ! N’oublions pas qu’elle était une toute jeune femme, peut-être même une adolescente, lorsqu’elle a été appelée à donner le jour au Sauveur. L’adolescence est le temps des interrogations, des révoltes, des crises, mais aussi des grandes décisions. Et parfois ce sont les jeunes les plus tourmentés, les plus timides, qui se décident le plus résolument. Marie, toute craintive, a pris la résolution d’obéir. « Qu’il me soit fait selon ta parole » dit-elle à l’ange Gabriel. Quelques mots simples, mûris, sincères, mais aussi définitifs, et c’est toute une vie qui bascule, qui prend son sens, qui va affronter des épreuves mais également porter du fruit… et en l’occurrence, quel fruit : celui qui mourra sur la croix et qui ressuscitera pour le salut des humains ! Nos Églises doivent faire effort pour comprendre les jeunes, les accueillir, leur laisser prendre la relève. Cela va dans le sens de ce qu’écrivait Jean-Pierre Civelli dans le dernier numéro de ce journal.
Noël 2008 nous appelle à exercer une foi qui tranche sur un fond d’indifférence, d’incrédulité et d’ignorance. Marchons avec confiance et pleins d’espérance dans la foulée des Joseph, des bergers, des Marie…
Par Daniel Furter,
pasteur des EEL retraité