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J’ai une bonne nouvelle…

Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, (Jésus) alla voir s’il y trouverait quelque chose, mais s’en étant approché, il n’y trouva que des feuilles… Il prit alors la parole et lui dit : Que jamais personne ne mange plus de ton fruit !...

Il les enseignait et disait : N’est-il pas écrit : Ma Maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations… Les principaux sacrificateurs et les scribes l’entendirent et cherchèrent les moyens de le faire périr ; ils le craignaient, parce que toute la foule était frappée par sa doctrine.
La bonne nouvelle : L’Évangile intéresse les adolescents. Avec Jean-François Ragaru, pasteur de l’Eglise de Deuil-la-Barre (Val-d’Oise), nous avons eu le plaisir d’observer au camp ados de la Costette que l’écoute était optimum… Ils en redemandent.

… et une mauvaise nouvelle :

Quand on leur parlait de s’intégrer dans une Église, l’enthousiasme faisait place au découragement : ils nous disent que ce n’est pas un lieu pour eux ; l’enseignement apporté est abstrait et sans aucun lien avec leur existence. Leur regard peut sembler partial et injuste mais la critique est générale !

Réfléchissons : mon Église est-elle vraiment pour toutes les générations ? Cette analyse collective ne nous conduit pas fatalement à une « Église pour les jeunes » mais à un désir d’intégrer les jeunes – « jeunes » en âge ou dans la foi. Un figuier qui porte des fruits, c’est un figuier qui nourrit tous ceux qui s’approchent de lui. Cela demande des remises en question, du courage, mais aussi de la sérénité : un arbre porte naturellement du fruit !

Si j’étais figuier, j’aurais envie de dire à Jésus : au lieu de me sécher, fais que je porte du fruit… Je pense qu’il me répondrait : si tu as des feuilles, c’est que tu peux porter du fruit, mais tu as plus pensé à ton arbre qu’à ta mission ! Jésus me semble sévère mais il a raison. Le souci de nous-mêmes, de notre Église, nous fait parfois oublier l’essentiel : penser dans l’Église à ceux qui vont y venir – alors qu’ils ne sont pas encore là – pour s’y nourrir. Je veux comprendre l’image : L’Église DOIT obéir à sa mission plus qu’à son souci d’elle-même. Au lieu d’avoir peur, ayons le courage de voir que notre parole, notre culte sont parfois décalés par rapport aux problématiques contemporaines.

La grâce de Dieu nous invite tout autant à la repentance qu’à la foi : loin de nous décourager, elle nous réforme et nous transforme. De plus, comment se passer de l’Église ? Où vont aller ces jeunes pour se nourrir pendant cette année ? Pour le moment, ils attendent le camp de l’année prochaine à la Costette ! Ce n’est pas satisfaisant…

Comment faire ?
Nos Églises locales peuvent faire appel à la commission évangélisation pour un audit : c’est un premier pas. Un arbre regarde naturellement à ses feuilles (budget, vie quotidienne), pas à ses fruits (il pense toujours en porter quand il va bien) ! Ce sont ces regards externes qui nous permettent de voir en quoi nos Églises ne nourrissent pas assez une génération nouvelle de personnes en recherche.

Mais pour aller plus loin, revenons au texte : Jésus note que le temple est devenu un lieu replié sur lui-même qui cherche à s’autofinancer… Sa parole est alors aussi sévère que celle pour le figuier, au point que certains ont voulu tuer Jésus pour avoir mis le doigt sur cette évidence. Parallèlement, la foule était frappée par l’enseignement de Jésus… certainement parce que, pour une fois, Jésus comprenait leurs attentes et leur proposait enfin un chemin. On ne peut pas plaire à tout le monde : Jésus a choisi de parler pour la foule… Nos Églises doivent faire de même. Une nouvelle génération, une nouvelle moisson, de nouveaux fruits s’annoncent pour la prochaine saison… Certains arbres porteront ces fruits.

Par Jean-Pierre Civelli,
pasteur de l’EEL de Valence (Drôme)