Le Saint-Esprit : le don précieux d’une vie nouvelle
À juste titre, on associe le Saint-Esprit aux événements de la Pentecôte, mais son action s’étend bien au-delà des manifestations de puissance évoquées ce jour-là.Le Saint-Esprit est une puissance : puissance de vérité, qui confond le mensonge en le dénonçant où qu’il se trouve, et qui peut convaincre le pécheur pour l’amener à la lumière. Cette puissance conduit le disciple pour témoigner de la vérité. Jésus avait dit : « Je vous donnerai une bouche et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront résister » (Lc 21.15) et : « Vous serez mes témoins » (Ac 1). C’est ce que signale l’apôtre Paul en 2 Tim 1.7 : « Ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné ; c’est un esprit de force… » (même mot que « puissance » en Ac. 1.8).
Une puissance de paix
Mais le témoignage pour la vérité, c’est aussi le témoignage de l’amour qui est en Jésus. Paul ajoute, dans ce verset de 2 Tim : « (un esprit) d’amour… », l’amour si nécessaire pour approcher les humains et être le témoin auprès d’eux du vrai Dieu qui est amour.
Et l’Esprit est encore Esprit de sagesse (même verset) : sagesse dans le sens ici (selon le terme grec employé) de pondération, équilibre, réflexion, calme. Le Saint-Esprit n’est pas « violent » : la puissance de la vérité est dans la manifestation toute simple de ce qui est vrai, sans les excès de passions humaines. Parmi les aspects du fruit de l’Esprit (Gal 5.20) figurent la paix, la patience, la bonté, la douceur, la maîtrise de soi.
Force, amour, pondération vont ensemble : la pondération, comme d’ailleurs l’amour, ne diminue pas la force. Selon le livre du prophète Esaïe, l’Esprit de l’Éternel – qui reposera sur le Messie – sera en même temps un « Esprit de sagesse et d’intelligence, de conseil et de vaillance (force), de connaissance et de crainte de l’Eternel » (11.2) ; le Messie « ne brisera pas le roseau broyé et il n’éteindra pas la mèche qui faiblit » (42.3). Selon l’Evangile, Jésus, rempli de l’Esprit, qui pouvait certes commander d’autorité aux vents et à la mer, a dit pourtant : « Je suis doux et humble de cœur » (Matt 11.29). On voit par ailleurs l’apôtre Paul s’opposer fermement, au nom de Jésus-Christ, à la servante qui a un esprit de Python (Act 16.18) et écrire le grand passage sur l’amour (1 Co 13). Les manifestations de l’Esprit sont puissantes aussi bien par la paix que par des prodiges et des signes.
Un ferment d’unité
Le Saint-Esprit, puissance de vérité pour notre vie et notre témoignage, glorifie ainsi Jésus-Christ, pour son œuvre salvatrice, sa souveraineté, sa gloire céleste, et ses dispositions de cœur parfaites. Il le glorifie partout. Jésus doit être donc glorifié en pratique dans notre cœur et notre comportement. Il doit l’être aussi dans l’Église. En effet, étant unique et glorifiant l’unique Sauveur, l’Esprit est aussi une puissance d’unité entre tous les membres du corps de Christ (1 Co 12.13) : unité réelle en pensée, et travail ensemble dans une reconnaissance réciproque. L’unité qui est en lui s’est manifestée le jour de la Pentecôte par son triomphe sur les divisions causées par le péché et les luttes des cultures : par l’Esprit Saint, Jésus, en sa personne, rapproche, réconcilie, et unit.
Pentecôte (Ac 2), c’est bien la vie nouvelle par l’Esprit. Toutes les épîtres du NT nous exhortent à la vivre. Quel beau témoignage à rendre par l’Esprit ! C’est là notre rôle désormais, et notre paix.
Par Raymond Brunel,
pasteur de l’EEL de Béziers (Hérault)
pasteur de l’EEL de Béziers (Hérault)