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Pour qu’ils comprennent...

Pâques nous donne l’occasion de vivre avec nos contemporains le sens de la venue de Jésus. Sachons rester accessibles et entièrement tournés vers l’autre.
 
C’est la fête à Jérusalem. Parmi les milliers qui sont venus adorer, quelques Grecs. Qui sont-ils ? Et si c’étaient des gens déçus ? Ils viennent de cette grande culture hellénistique avec ses philosophes et son brassage de religions, mais n’ont peut-être pas trouvé la réponse à leurs questions. Maintenant, ils s’intéressent à la foi au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Ça a l’air bien. Mais là encore : déception ! Ils ne comprennent pas. On ne les laisse même pas entrer dans le Temple. Ce n’est pas le bon sang qui coule dans leurs veines. Ils n’ont pas le droit d’approcher. Alors, ils se promènent sur le parvis. Ça ressemble plus à un marché aux bestiaux ou à une banque qu’à un lieu de culte… A n’y rien comprendre.

Les chercheurs d’aujourd’hui
J’en vois encore aujourd’hui, de ces gens déçus. Eux aussi ont cherché, et leurs « philosophes » n’ont pas su répondre non plus. Pourquoi pas la foi chrétienne ? Ils ont bien vu cette église évangélique. Mais qu’est-ce que c’est difficile d’y entrer ! Tout ce qu’on y fait leur est étranger. On y chante, on écoute un prêche, on partage du pain et du vin. Difficile de comprendre quelque chose lorsqu’on n’est pas initié. Et puis, est-ce qu’ils sont les bienvenus ? Décidément, je pense que nous devrions réfléchir à notre lisibilité. Comment faire pour qu’ils comprennent ? Nos amis grecs veulent voir Jésus. On en parle dans toute la ville. Il a l’air bien, ce Jésus. Son enseignement est vraiment pertinent. Pourquoi ont-ils l’impression que c’est lui qui peut répondre à leurs questions ? Que peut-il leur offrir qu’ils n’ont pas déjà ? Ils sont riches, sinon ils n’auraient pas pu faire le voyage à Jérusalem. Ils sont cultivés, puisqu’ils sont Grecs. Jésus n’a rien : pas de richesses matérielles, pas de titre universitaire… Il est si humble, si simple. Mais il leur donne tout ce qu’il a. Il les accueille, il prend le temps de les écouter. Et il va même jusqu’à leur donner ce qu’il a de plus précieux : sa vie. Que pouvons-nous donner aux gens qu’ils n’ont pas déjà ? Comme Jésus : notre attention, notre temps, notre amour, notre vie. L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié, dit Jésus. La fête de la Pâque chrétienne nous donne à nouveau l’occasion de vivre avec nos contemporains le sens de la venue de Jésus.

Les trouveurs de demain ?
Pour qu’ils comprennent, Jésus parle en images. Tant que le grain de blé reste dans le grenier, il se conserve, mais il n’a pas de puissance. Il faut qu’il soit jeté en terre et qu’il meure… Bien sûr, Jésus parle d’abord de sa passion. Mais il parle aussi de nous ! Combien de chrétiens trouvent leur vie stérile et vide ? Qu’est-ce qu’une vie qui vaut la peine d’être vécue ? L’image du grain de blé nous aide à saisir : elle parle d’une vie entièrement tournée vers l’autre, du don de soi. Si nous restons accessibles et que nous appliquons le principe du grain de blé, les gens se sentiront accueillis et comprendront nos cultes. On parie ?

Par Ralph Frauchiger,
pasteur de l’EEL d’Annemasse (Haute-Savoie)