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Accueil Méditations « Si votre justice ne dépasse pas celle des pharisiens...»

« Si votre justice ne dépasse pas celle des pharisiens...»

C’était quoi cette justice ? était-elle si minable qu’aujourd’hui nous la prenions en synonyme d’hypocrisie, d’égoïsme ? En fait, j’ai souvent souhaité que nos églises soient remplies de ces pharisiens qui prenaient au sérieux les exigences de la loi. Donner la dîme, jeûner, prier, étudier… ce n’est pas si mal.

Sauf bien entendu qu’ils avaient la mauvaise manie de se justifier sur le dos des autres, en comparant leurs oeuvres à celles des plus mauvais qu’eux, ou des moins scrupuleux qu’eux. Et ça c’est détestable. C’est sûr. Mais revenons à leurs actions pour dire que ce ne serait pas si mal si nous avions leur discipline et leur rigueur. A force de dire qu’on n’est pas pharisien, on devient le pharisien du pharisien : « Je ne suis pas comme l’un d’eux ».

L’imagination de l’amour
Qu’y a-t-il de nouveau dans ce que Jésus demande à ses disciples ? Là où les pharisiens accomplissaient leur devoir en accompagnant quelqu’un sur la distance d’un mille, Jésus dit : « S’il te demande de faire un mille avec lui, fais en deux ! S’il te demande ta tunique, donne aussi ton manteau ». Il ne nous suffirait donc pas comme je le souhaitais au début de ces lignes de devenir scrupuleux et rigoureux comme les pharisiens pour être disciple de Jésus. Il faudrait ajouter à notre rigueur, l’imagination de l’amour. En politique générale, dans les grandes actions, cela pourrait être, par exemple dans le domaine de l’immigration, d’ajouter la notion (et l’obligation) d’accueil. Dans le domaine de la maladie, au lieu de parler d’euthanasie, de s’orienter vers les soins palliatifs et un vrai accompagnement. Dans le domaine de la sécurité, programmer l’éducation, la prévention. Dans l’église ou dans la famille, cette exigence du deuxième mille demande disponibilité, humilité et tact ; le tact, cette subtilité de l’amour au quotidien qui ne court pas les rues…

A la source
Ce qu’il nous faut, ce n’est pas plus de règles, plus de programmes, ou plus d’activités. Ce qu’il nous faut, c’est retrouver la source de la charité, la communion quotidienne avec Jésus. Jésus qui a fait pour nous et avec nous plus que le deuxième mille, qui a donné plus que son manteau et sa tunique. Que notre point de comparaison soit Jésus et non le meilleur des pharisiens.
Daniel Poujol