Jacques 2.1-13 : Quel accueil pour mon prochain ?
Entre les réflexions de notre synode et la période estivale, où nous aurons sans doute l’occasion d’accueillir des vacanciers ou des nouveaux venus, voici un texte qui nous interpelle. Ce que dénonce Jacques est un accueil différencié de l’assemblée chrétienne selon l’apparence extérieure de la personne. La discrimination rapide, en fonction des codes extérieurs qui rattachent quelqu’un à une catégorie sociale n’est pas compatible, dit Jacques, à la foi de notre Seigneur glorieux, Jésus-Christ (v.1).
Il peut nous sembler quasi-impossible de mettre en pratique cette parole aujourd’hui, tant la culture publicitaire nous forme à un jeu d’ajustement perpétuel de notre comportement en fonction des signes vestimentaires que l’autre nous renvoie. Mais c’est justement là l’enjeu : mettre en pratique la parole. Selon l’organisation de la lettre de Jacques, cette exhortation se trouve entre le paragraphe mettez la Parole en pratique ; ne vous contentez pas de l’écouter seulement (1.22-27), et le passage sur la foi et les œuvres : si la foi n’a pas d’œuvres, elle est morte en elle-même (2.14-26). Et si Jacques, en parlant des œuvres, pensait surtout à cette question de l’accueil sans favoritisme ? Sachons aussi que Jacques appelle également ses lecteurs à un comportement à contre-courant dans une culture juive pesante où les richesses étaient considérées comme le signe de la bénédiction de Dieu !Ses lecteurs admettent volontiers la loi royale, selon l’Ecriture : tu aimeras ton prochain comme toi-même (v.8 cf. Mc 12.28, Rm 13.8, Ga 5.14). Mais, dit Jacques, si vous montrez de la partialité, vous commettez un péché ; vous transgressez cette loi (v.9). Nous ne pouvons pas nous bercer de l’illusion que nous aimons notre prochain si nous nous prêtons au jeu de la discrimination dans l’Eglise.
Dieu n’est pas partial (Jb 34.19, Ac 10.34, Rm.11) et un juge ne devait pas l’être (Dt 1.17). Mais le problème est justement que si nous honorons certains et méprisons d’autres selon ce que leur apparence nous indique de leur position sociale, nous devenons des juges aux raisonnements mauvais (v.4). Mais libérés du jugement de la loi par Jésus-Christ nous sommes appelés non au jugement mais à la compassion (v.12-13). Cette compassion nous appelle à accueillir chacun, et même plus particulièrement les pauvres, comme des hommes et des femmes qui sont à la ressemblance de Dieu (cf. 3.9) et qui peuvent être avec nous héritiers du royaume (v.5).
Katie Badie