Vendredi Saint
Au moment où Jésus expirait à Golgotha, il nous est rapporté que « Le voile du sanctuaire se déchira en deux, d’en haut jusqu’en bas » (Mc 15. 38). Ce voile du Temple de Jérusalem séparait le lieu Saint du lieu Très Saint. Détail significatifLe détail donné sur ce voile se déchirant du haut jusqu’en bas n’a rien d’anodin : c’est la manifestation d’un geste divin. Pour mieux comprendre le sens du voile déchiré, un détour par l’épître aux Hébreux est inévitable ; on y lit « qu’un chemin nouveau et vivant au travers du voile, c’est à dire de sa chair, est inauguré » (Hé 10.19-22). Le lien est établi entre Jésus en chair mourant sur la croix et le voile se déchirant dans le Temple.
Jusqu’à cet événement du Vendredi Saint, Jésus demeurant parmi les hommes se situait comme nous de ce côté-ci du voile, mais au moment de sa mort il y a eu concomitance entre sa mort et le déchirement du voile. Par son sacrifice il a ouvert aux chrétiens la porte d’accès à la présence de Dieu.
Au delà du voile
Si l’accès en est rendu libre, il y aura néanmoins des conditions à respecter comme le dit l’épître aux Hébreux : « Approchons-nous donc d’un cœur sincère, avec une pleine foi, le cœur purifié d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure » (10. 22). La démarche d’approche ne peut pas être approximative : tout notre être intérieur est sollicité.
Qu’allons-nous trouver au-delà du voile ? Par la foi, quotidiennement nous pourrons y être dans la présence du Père et du Fils, car nous aurons cru que le Christ est bien mort à notre place. Cette rencontre induit une proximité renouvelée avec Dieu, ainsi que l’attribution de grâces multiples.
Le chemin que Jésus-Christ nous a ouvert est nouveau : en effet, les croyants de l’Ancienne Alliance n’en avaient pas le privilège ; il est aussi vivant, c’est à dire porteur de vie, car son parcours se fait avec « Celui qui vit » à nos côtés.
De tout temps Dieu a voulu cette relation et cette communion avec le croyant afin de lui permettre une vie autre sur la terre, une vie animée par l’espérance. De plus comme le disait Jésus dans l’une de ses prières, il voulait que Dieu soit en nous et nous en lui.
Reconnaissance
Considérant les implications étonnantes de ce déchirement du voile, exprimons donc notre reconnaissance au Christ pour l’inauguration d’un chemin nouveau. Cette reconnaissance devrait être intarissable.
Pierre Marilleau