Désir, tromperie et vengeance - Juges 16
Cas de théologie pratique :
Dans une ville quelque part, un homme meurt. Il était connu pour toute une série de méfaits qu'il avait perpétrés. Son frère vient alors voir le pasteur et lui demande ceci : " Je voudrais une cérémonie d'enterrement pour mon frère et dans votre message, je veux que vous parliez de lui comme d'un saint. " Et le pasteur de répondre : " Mais votre frère était l'homme le plus menteur, le plus roublard, le plus méchant que j'ai connu depuis longtemps ! " " Si vous faites ce que je vous demande, dit l'autre, je verserai 100.000 francs à la caisse de votre église. " Le pasteur commence alors à voir les choses différemment et finalement consent à organiser une telle cérémonie. Le jour suivant, devant tous les gens réunis à l'occasion de l'enterrement, il prononce ces paroles : " Cet homme était le plus menteur, le plus roublard, le plus méchant de tous les dépravés de cette ville, comme vous le savez tous… mais comparé à son frère, c'était un saint ! " Il semble parfois que la seule façon de trouver quelque chose de positif chez certains personnages du livre de Juges est de les comparer aux autres. Mais que faire quand on a trouvé le pire ?
Samson :
Au lieu de suivre une direction générale, Samson était conduit par ses désirs. Quand il a voulu une femme, il a exigé que son père l'obtienne pour lui. Quand elle l'a déçu, il l'a rejetée (chacun appréciera sa remarque en Jg 14.18 ! ) Finalement, c'est sur Dalila qu'il a jeté son dévolu. Et c'est elle qui, la première, rend Samson vulnérable. Il l'aime et c'est la première fois qu'il se montre capable d'aimer. Sa vie faite d'aventures sexuelles et de rapports à court terme a affaibli son raisonnement au point qu'il est attiré par cette femme, voire même fasciné. Les Philistins, fatigués de ses exactions, veulent le supprimer et Dalila se voit ainsi offrir une bonne récompense pour manœuvrer son homme. Elle agit sans scrupules, inventant des stratagèmes pour découvrir le secret de la force de Samson. Elle échoue à plusieurs reprises, mais elle insiste lourdement… et lui, mortellement ennuyé par ses interrogatoires, il finit par céder. Il l'avoue : sa force réside dans ses cheveux. Superstition ? Samson abandonne le dernier vestige de son naziréat. En fait, ce n'est pas une force magique qui se retire de lui quand ses cheveux sont coupés, mais c'est le Seigneur lui-même qui retire son aide…
Tristes ?
Combien serions-nous tristes si Dieu nous laissait assumer tous nos choix ! D'autant que nous vivons dans un monde de plus en plus fou chaque jour. Nous vivons des temps dangereux et instables et si nous n'y prenons garde, nous pouvons être soumis au pouvoir de la superstition. L'histoire de Samson est triste ; mais Dieu exerce sa grâce même dans les circonstances les plus pénibles. A la fin de sa vie, il est transformé. " Que je meure avec les Philistins ! ", implore-t-il, reconnaissant peut-être qu'il n'était aucunement différent d'eux et qu'il ne méritait, pas plus qu'eux, le droit de vivre et de bénéficier de la grâce de Dieu. Et pourtant, Dieu l'entend… Alors combien devrions-nous être reconnaissants envers ce Dieu merveilleux, ce Dieu miséricordieux qui nous a sauvés, et qui reste à nos côtés. Ne cessons pas de proclamer avec Paul : " Je suis crucifié avec Christ et ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi ".
Pascal Girard