En mai, nous ascensionnons !
Je ne suis pas sûr que cette fête chrétienne, placée au milieu de la semaine, soit très évoquée dans les Eglises… Où sont les rassemblements d'antan ? Si nous la repérons, c’est parce qu'elle nous donne l'occasion de nous évader, de nous extraire d'un quotidien. Plutôt morose. Ascension serait donc synonyme d’évasion ?
Il est bon de mettre en bonne place l'un des rares textes du N.T. sur cet épisode décisif de la vie de Jésus (encart avec les trois versets d'Actes 1: 9 à 11 ). Jésus quitta les siens comme promis. L'un des messages forts de ce jour de fête, c'est que Jésus reviendra. Nous sommes donc entre ces deux événements. Alors ASCENSIONNONS !!
Nous pouvons imaginer trois attitudes possibles :
1- Il est parti, n'en parlons plus. Nous nous consacrons aux choses de la terre. Nous avons bien le temps de penser au ciel, s'il existe. « Mangeons et buvons, car demain… » C'est la religion de beaucoup de nos contemporains : l'horizontalité uniquement et, si possible la jouissance de tout et tout de suite. MON petit bonheur est prioritaire.
2 - La tête au ciel, comme les disciples. Ce jour-là, les anges les sortent de leur rêverie béate :
« Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » Il est tout à fait possible de rester la tête dans les nuages
- Pour fuir la réalité ?
- Pour paraître plus spirituel ?
- Par nostalgie des choses d'en haut, en souhaitant son retour tous les jours ?
C'est une autre manière de ne pas être présents pour nos combats d'hommes et de femmes citoyens du monde.
3 - ETRE au seul bon endroit voulu par Dieu : Sur la terre des hommes, au milieu de nos semblables, missionnés par DIEU pour être sel de la terre et lumière du monde, sentinelles de Dieu et témoins du Christ mort et ressuscité, chrétiens solides « sur le plancher des vaches » et en même temps femmes et hommes de foi qui incarnent l'Espérance. Ni « planeurs évaporés », ni terriens rivés aux seules réalités d'en bas, celles qui précipitent vers la ruine.
Ascensionner aujourd’hui, n'est pas chose évidente pour le chrétien. C'est une question de bon sens et d'équilibre spirituel. Nous serons toujours en tension. Mais notre place est ici, parmi les hommes, nos frères. En même temps, il faut savoir que nous sommes habités par le SOUFFLE de DIEU. Il nous rappelle que nous sommes aussi citoyens des cieux.
Ascensionner aujourd'hui, et c'est un paradoxe, c'est faire descendre un bout de ciel sur la terre : là où nous vivons, là où nous travaillons, là où nous souffrons, là où nous crions à l'injustice et au scandale. Ascensionner aujourd'hui, c'est être les bras, les jambes, la voix du CHIST dans le quotidien de nos existences. Et cela « Jusqu'à ce qu'Il revienne » comme les anges nous l'ont dit .
Bon courage, ascensionnons de la bonne manière, avec la grâce de Dieu .
Charly Marilleau