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Accueil Méditations Dieu nous aime-t-il ?

Un passage du livre du prophète Malachie nous interpelle : « Je vous ai aimés, dit l’Eternel, mais vous dites : En quoi nous as-tu aimés ? » La surprise vient, non de l’affirmation de l’amour de Dieu, mais de la question du peuple : « En quoi nous as-tu aimés ? »

Y en a-t-il aussi parmi nous qui doutons de l’amour de Dieu ? Malachie évoque le laisser-aller spirituel du peuple. Les formes extérieures de la religion étaient maintenues mais le cœur n’y était pas. Pour les sacrifices on offrait des animaux chétifs. L’encens brûlait encore sur l’autel mais l’enthousiasme manquait. Le prophète parle aussi du laisser-aller moral, de l’infidélité, des divorces faciles et des femmes abandonnées. Mais au lieu de s’interroger sur la tiédeur de son engagement le peuple met en doute l’amour de Dieu.
Dieu nous aime-t-il ? Si la tiédeur peut être à l’origine d’une telle question, des circonstances difficiles peuvent l’être aussi. Pris au creuset de l’épreuve, qui ne s’est jamais demandé pourquoi Dieu permettait cela ? Le problème n’est pas nouveau, l’apôtre Pierre cherchait à aider ses amis ébranlés par la persécution : « Bien-aimés, ne soyez pas surpris de la fournaise qui sévit parmi vous… comme s’il vous arrivait quelque chose d’étrange. » Quand l’épreuve sévit, le doute n’est jamais très loin. Malgré les exemples bibliques d’hommes et de femmes de foi qui ont traversé des épreuves souvent rudes, une pensée reste tenace : si Dieu m’aimait, ces choses ne m’arriveraient pas.
A l’approche de la Semaine Sainte notre regard se tourne vers la croix. Or, chose que nos circonstances et nos états d’âme ne pourront jamais faire, ce regard bannit le doute quant à l’amour de Dieu. L’apôtre Paul écrit : « Dieu prouve son amour envers nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. »
Il y a quelques années, à la sortie d’un village de l’Ariège, un crucifix a saisi mon attention. En règle générale je préfère la croix vide qui, tout en rappelant la mort du Seigneur, parle aussi de la résurrection. Mais ce crucifix m’a frappé. Le soleil était bas et la croix, dressée sur un piton rocheux, n’était qu’une silhouette. J’étais ramené 2000 ans en arrière. Voilà la preuve que Dieu m’aime.
Quand je contemple cette croix
Où tu mourus, Prince de gloire,
Combien mon orgueil d’autrefois
M’apparaît vain et dérisoire !
Vit-on jamais amour si grand
S’unir à douleur plus extrême,
Et l’épine, au front d’un mourant,
Resplendir comme un diadème ?

Clive Charlton,
pasteur de l'EEL de Castelnaudary