Psaumes 121 : « L’Eternel est celui qui te garde… »
« J’abandonne sur une chaise le journal du matin, les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent… » L’extrait de cette chanson tube interprétée par Stephan Eicher ces dernières années, est-il le mieux choisi en ce mois des vœux 2006 ?
Je me voudrais tellement plus optimiste et confiant. Néanmoins, je ressens un malaise certain à prodiguer des vœux de joie, de bonheur et de santé, lénifiantes paroles pour un monde en violence.
Malaise aussi, à l’écoute d’intégristes de tous bords, prêchant des scénarios dignes d’Apocalypse now, ou à l’inverse, d’optimistes tendant à participer au « positivisme » ambiant. Ils entendent que rien n’est nouveau sous le soleil, que tout cela est cyclique, et par conséquent passager.
Malaise encore, à vouloir présenter un message chrétien, qui se démarque de tous ces excès, mais dont les contours s’avèrent diffus et édulcorés.
Malaise enfin à l’écoute de l’appel pathétique de ceux qui s’interrogent. La dernière chanson d’Alain Souchon est bouleversante ; « Et si le ciel était vide, il y a tant de torpeurs, de musiques antalgiques, tant d’anti-douleur dans ces jolis cantiques, il y a tant de questions et tant de mystères, tant de compassions et tant de révolvers…tant d’angélus qui résonne et si en plus, y’a personne… »
D’aucuns se reconnaissent dans ces questionnements, ces craintes légitimes aux vues de ces événements qui secouent notre monde.
Quelle peut être alors la nature de mes voeux ?
A propos de ces craintes des hommes à la moindre nouvelle, Calvin disait déjà: « Au bruit d’une feuille qui tombera de l’arbre, nous tremblons comme si Dieu nous avait mis en oubli ». Aujourd’hui combien de feuilles qui tombent, parce que l’homme secoue violemment notre terre et son environnement ! A cette folie destructrice s’ajoute le lot des soucis quotidiens, les amours chancelantes, l’éducation des enfants, les maladies, les deuils….ainsi est notre monde, depuis le péché d’Adam, notre péché.
C’est dans ce monde que Dieu a envoyé son Fils comme Sauveur. Noël est venu nous le redire.
« L’Eternel est celui qui te garde ». Rien ne peut te séparer de l’amour qu’il t’a témoigné en Jésus-Christ.
Oui, les feuilles tombent des arbres, mais Dieu ne t’a pas mis à l’oubli. Lève les yeux vers lui, il est ton Sauveur qui t’accompagne dans tes allées et venues, et jusqu’en son royaume.
Ce que j’ai à dire, à ceux qui m’entourent n’est pas autre chose que cette parole désarmante dans ce monde en violence !
Car telles sont les armes paradoxales du chrétien. Paradoxales car elles ne cherchent jamais à détruire mais toujours à construire. Si les temps qui viennent doivent effectivement s’avérer mauvais, ce sont elles qui pourront nous permettre d’encore et toujours « résister dans le mauvais jour ».
Aujourd’hui plus que jamais nous voulons être des veilleurs qui tiennent la lampe allumée pour dire au monde l’invisible présence d’un Dieu qui se rend visible au travers des hommes, par l’Amour de Jésus-Christ.
Je vous donne ma Paix dit Jésus. Il appartient à chacun de nous de la recevoir, en cette année 2006, d’en vivre chaque jour, et de la partager humblement, mais fidèlement.
Yves Pizant