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Accueil Méditations Faites des pères !

Méditation futuriste sur Luc 15.11 à 32
Dimanche 18 juin 2040, nous fêtons le centenaire de l’appel du Gal de Gaule. Il paraît qu’il était père de la Vème République. La notion de paternité pose un problème à nos contemporains. Les patries ont disparu depuis la mondialisation de la vie politique. Depuis la pandémie de 2027 les enfants sont obtenus par manipulation génétique. On ne parle plus de paternité.

En ce dimanche 18 juin 2040 nous lisons la parabole du fils prodigue. Un homme avait deux fils. Il s’agit à l’évidence d’une histoire très ancienne. Avoir deux fils, cela est totalement interdit à cause de la surpopulation de la terre. Le gros avantage de n’avoir plus qu’un seul fils, c’est qu’il n’y a plus de problème de patrimoine ! Ils sont deux fils, il leur faut donc partager. Ce n’est pas un partage en deux, mais en trois, parce qu’en ces temps reculés l’aîné recevait une double part, une part en plus !
Le cadet quitte la maison et va perdre tout ce qu’il a. Il dissipe son héritage, il renie sa foi en gardant des cochons que la loi considérait comme animaux impurs. Il n’a même plus de quoi manger. Il lui reste cependant une chose : il est fils ! Depuis les origines jusqu’en 2040 tous les hommes sont fils. La science n’a jamais réussi à créer un homme à partir de rien ! Notre homme en question est fils, c’est tout ce qui lui reste. Pour survivre, il va abandonner ce dernier bien. « Combien d’employés, chez mon père, ont du pain de reste, alors que moi, ici, je meurs de faim ? Je vais partir, j’irai chez mon père et je lui dirai : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes employés.” » Il retourne à la maison non plus en tant que fils, mais comme serviteur : il n’a plus rien, il n’est plus rien.
Arrivé à ce point, les hommes de 2040 peuvent entrevoir ce qu’était un père dont parle ce fils. L’homme est fils par sa naissance, mais il devient père par la naissance d’un autre homme. Quand le cadet revient à la maison l’homme qui l’accueille, c’est son père. C’est comme une nouvelle naissance. Alors qu’il confesse son péché : « Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils… » le père ne lui laisse pas le temps de dire « traite-moi comme l’un de tes employés. » Fils il était, fils il reste parce que l’homme qui est face à lui est son père. Jamais il ne le traitera comme un employé.
Mais l’autre fils, puisqu’ils étaient deux au départ de l’histoire ? Ce fils qui nous est interdit d’avoir en 2040, celui qui a reçu deux fois plus. Tout ce qui reste est à lui, tout ce qui était au père est à lui, c’est lui l’homme de la maison maintenant. Celui-là voit d’un mauvais œil le retour du fils prodigue. Il pourrait à la limite le traiter comme un simple employé, lui n’est pas son père. Cependant ce fils-là a encore un père qui lui dit ce qu’il avait déjà dit au serviteur : « Mon fils que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! » La même réponse ? Non, pas tout à fait, à un détail près : « ton frère que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! » Un père, c’est un homme qui a deux fils et cet autre fils c’est notre frère qu’il nous faut accueillir.
Dommage qu’en 2040 nous n’ayons plus de frère avec qui nous pourrions partager ce qui nous vient du père. En découvrant la paternité, ressurgit la fraternité. La fête du Père fait de nous des frères et sœurs. Heureux ceux qui peuvent encore vivre cette dimension-là se disent les hommes de 2040…
Philippe de Pol