Menu Content/Inhalt
Accueil Méditations ASCENSION… PAR LE BAS !

Celui qui s’abaisse sera élevé : si quelqu’un a littéralement accompli cette parole, c’est bien Jésus ! Il était Dieu : il s’est fait homme, sans éclats, sans apparence ; enfant d’une famille ordinaire parmi les pauvres ; citoyen errant d’un pays occupé.
Il était le Maître de l’univers : il a inséré son existence dans le temps et l’espace comme celle de ses propres créatures ; il s’est plié aux exigences divines comme le plus soumis des Israélites ; il a accepté d’être le jouet de la volonté et de la cruauté humaines. Il était le Juste par excellence : on l’a jugé comme le plus grand transgresseur de la Loi divine ; on l’a condamné comme le pire des malfaiteurs ; pour les hommes et pour le Père lui-même, il est devenu objet de malédiction. Nul n’était plus haut que lui ; nul, non plus, n’est descendu plus bas.
Pourtant, à y regarder de près, chaque étape de son abaissement est en fait une démonstration de sa transcendance. C’est par une libre décision de sa volonté qu’il s’est incarné : amour infini du Créateur qui, sans se renier lui-même, se fait créature. Son existence a été dominée par les circonstances et les hommes ? En réalité, les circonstances et les hommes ont accompli ce que sa toute puissance avait décidé de toute éternité. Et s’il est mort dans l’infamie de la crucifixion, c’est pour satisfaire aux exigences de sa parfaite justice envers l’humanité entière. Puisque l’amour infini, la toute puissance et la parfaite justice se rencontrent dans cet abaissement volontaire de Jésus, il faut parler d’humilité, pas d’humiliation. Il est significatif que, pour annoncer sa mort sur la croix, Jésus dise : quand je serai élevé de la terre (Jean 12. 32).
Aussi, l’ascension de Jésus est-elle la manifestation visible de la gloire divine qu’il tenait cachée depuis sa naissance et tout le temps de sa mission terrestre. Cachée… aux yeux des incroyants, pas aux yeux des disciples : ce qu’ils avaient entrevu dans la fragilité de leur foi, ils l’ont vu de leurs yeux émerveillés (Actes 1. 9).
Cette ligne “descendante” qui caractérise Jésus doit aussi caractériser son disciple. Devenu enfant de Dieu, le disciple veut rester un homme : il est reconnaissant envers Dieu et envers les autres pour ce qu’il est et ce qu’il a, même si, aux yeux des hommes, il est petit et s’il a peu. Il est au bénéfice des promesses divines les plus extraordinaires, aussi met-il envers et contre tout sa confiance dans le Dieu qui tient le monde et sa vie dans ses mains. Il sait que Jésus crucifié s’est identifié à son péché et à sa honte : il ne saurait donc se montrer à Dieu, aux autres et à lui-même comme étant sans reproche ; au contraire, il s’examine lui-même et confesse ses fautes à Dieu en vue de son pardon ; il est prêt aussi, si cela est utile, à avouer ses fautes à ses proches (Jac. 5. 16).
Du point de vue humain, être reconnaissant sans revendiquer, espérer sans forcer le destin, avouer ses propres fautes sans condamner les autres, tout cela nous humilie, nous tire vers le bas. A la lumière du Christ et de ses enseignements, comprenons-nous que la Réalité est à l’opposé ? Avec Christ, celui qui sait ce qu’il est et ce qu’il a, a déjà reçu la vie d’En Haut ; celui qui espère est déjà possesseur du Royaume de Dieu ; celui qui vit dans la lumière est déjà lumière divine.
Quand, par son Retour, le Christ fera irruption dans la vie de ses disciples, leur gloire cachée se fondra dans Sa gloire céleste : ils seront semblables au Fils de Dieu, car ils le verront tel qu’il est. (1 Jean 3. 2)
Maurice Hadjadj