Quand Jésus vit la foi de ces hommes...
Quand Jésus vit la foi de ces hommes, il dit au paralysé : «Mon fils, tes péchés sont pardonnés.» … Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés : ‘Je te l’ordonne’, dit-il au paralytique, ‘lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison’. Et, à l’instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu’ils étaient tous dans l’étonnement et glorifiaient Dieu, disant : ‘Nous n’avons jamais rien vu de pareil.’ Marc 2. 5 & 10-12
1. La foi… une affaire personnelle ou un don à faire ?
Ce texte bien connu du paralytique peut déranger le croyant : Jésus guérit un homme en voyant la foi de ses amis… Nous avons tellement fait de la foi une affaire privée que nous avons oublié qu’elle se transmet et se diffuse.
Elle se propage par le témoignage, par la prière, par l’accompagnement, par une représentation qui intègre la présence vivante de Dieu au cœur de notre réalité. Ainsi, nous pouvons parler de notre rencontre avec Jésus ; proposer de prier pour des situations où l’effort humain est insuffisant ; nous pouvons être présents auprès des personnes en difficulté ou en souffrance ; nous pouvons parler de notre philosophie de la vie…
Si parfois nous avons du mal à vivre notre foi, c’est parce qu’elle est trop intériorisée. Notre foi doit être intégrée dans notre histoire au point de pouvoir dire : « il était une foi !... » et c’est bien ainsi que commence le récit de cette guérison.
2. Sans la maîtrise, la puissance n’est rien…
La puissance est toujours ce qui nous impressionne : celle de la science et de la technique ne cessent de nous émerveiller. Mais il existe une puissance que l’homme n’a jamais réussi à posséder : celle de vaincre son propre péché. D’ailleurs, c’est tellement compliqué qu’on n’en parle plus : ni de Dieu, ni de l’âme, ni… du péché.
On a beau être à l’ère qui a développé la puissance et la finesse technique : on l’utilise davantage pour la violence (les armes) que pour s’occuper des personnes en difficulté (nous pourrions nourrir la planète si nous mettions toute notre énergie sur ce défi !). L’humain est plus motivé par la destruction d’un ennemi réel ou imaginaire que par la compassion…
« Que tout le monde le fasse ne nous enlève aucune responsabilité si nous le faisons aussi »… le péché n’est pas une fatalité ! Nous ne sommes pas obligés de tuer ceux qui nous dérangent avec nos rumeurs et notre mépris (comme le font les Pharisiens). Si, comme Jésus, la condition de ceux qui n’ont pas les moyens de marcher dans la vie nous préoccupait plus que notre seul intérêt, nous pourrions nous-mêmes être libres… du péché. Aimer plutôt que laminer ? Jésus est le premier homme qui sera plus puissant que la tentation : c’est aussi le premier homme à être libre ET à nous proposer de le devenir avec lui. Alors ? Portons les paralysés au lieu de leur dire ce qu’ils devraient faire : conduisons-les vers Jésus…
Jean-Pierre Civelli,
pasteur de l’EEL de Valence
pasteur de l’EEL de Valence