Menu Content/Inhalt
Méditations « Rachetez le temps car les jours sont mauvais » Ephésiens 5 :16

C’est fou le nombre d’expressions liées au temps. Il y a le temps qu’il fait et dont on discute avec le voisin mais aussi le temps que l’on gagne, celui que l’on perd, qui nous manque, ou encore que l’on tue. « Le temps, c’est de l’amour » chantait un troubadour chauve il y a quelques années. Le temps, de l’amour ? Pourquoi pas. On était plus habitué à entendre parler d’argent, mais il faut vivre avec son…temps.

Alors au beau milieu de cette mêlée d’expressions en tous genres, l’apôtre Paul nous sort un
bon ballon et nous adresse un conseil nouveau en rapport avec le temps. Pour Paul, joueur inspiré de l’équipe d’Ephèse, il s’agirait de le racheter.
RACHETER LE TEMPS…
Le verbe en grec, exagorizomai, vaut le détour. Il est composé du terme « agora » qui veut dire « place publique ou marché ». Avec lui, Paul veut manifestement nous faire entrer dans le monde du commerce ou des affaires et nous encouragerait ainsi à développer une attitude commerciale par rapport au temps, d’en faire notre affaire, d’en tirer profit, d’en sortir le plus possible. Vous avez noté la particule « ex » de exagorizomai qui signifie « hors de » comme dans « extorquer » ou « extraire». La version du Semeur traduit « Mettez à profit les occasions qui se présentent à vous ».
CAR LES JOURS SONT MAUVAIS .
Pour la suite du verset « Car les jours sont mauvais », on pourrait se demander s’il ne s’agit pas d’une remarque d’ordre météorologique. Paul nous ferait un petit bulletin météo et nous demanderait de profiter du beau temps, avant la dépression qui va traverser la France. Profitez donc des derniers jours de beaux temps, cela ne va pas durer !
Ce serait amusant et pas si loin de la vérité biblique, mais plus que le temps qu’il fait ou qu’il va faire, Paul veut parler du temps qui passe et qui passe vite ! Comme les autres auteurs du Nouveau Testament, il a une conscience aiguë de la précarité du temps. « Le temps est court » s’écrie-t-il en 1 Corinthiens 7.29. Les jours sont mauvais parce que le temps est compté. Il ne faudrait donc pas plaisanter avec le temps mais le racheter, en tirer profit au maximum, en saisir toutes les occasions, lancer, en quelque sorte une O.P.A sur le marché du temps.
LES OCCASSIONS
De quelles occasions s’agit-il ? Si dans l’épître parallèle (Colossiens 4 :5), il est clairement question d’occasions de témoigner, dans la lettre aux Ephésiens le champ semble plus large. Racheter le temps consisterait ici à se saisir de toutes les occasions qui nous sont données de simplement vivre en tant que chrétiens dans ce monde. En tirer effectivement le maximum en tentant de le vivre devant le Seigneur, en Sa présence. Racheter le temps ou me tenir prêt à l’arracher à la vanité de ce monde et de ma vie pour le lui rendre, à Lui, le maître du temps.
RACHETER LE TEMPS POUR LE LUI RENDRE .
Le racheter pour le lui rendre, l’idée me paraît intéressante. Parce qu’avec le temps, il faut reconnaître notre propension à nous l’accaparer et à nous en croire les propriétaires éternels. Ne dit-on pas « Je prends mon temps » ou « Prendre du temps pour soi » ou encore « Ne me faites pas perdre mon temps ». On est déjà d’un naturel possessif et cela ne s’arrange pas avec le…temps.
En ce mois de novembre où les jours raccourcissent et deviennent vraiment mauvais, ce serait peut-être une bonne idée que d’apprendre à rendre le temps à celui qui en est le maître, à le racheter pour lui, lui qui sait plus que tout autre, ce qu’il faut en faire.
Eric van der Does