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Accueil Méditations Bêtes sans l'être

Moi, je vous envoie comme des moutons au milieu des loups. Soyez donc avisés comme les serpents et purs comme les colombes (Mt 10.16 - NBS)

Le contexte
Jésus adresse cette exhortation à ses disciples au moment de les envoyer en mission dans les villes d’Israël. Il les charge d’annoncer que le règne des cieux est proche (v. 7) tout en opérant des miracles qui attestent l’autorité de leur enseignement (v. 8). Invités à vivre simplement et à profiter de l’hospitalité des habitants, ils doivent appliquer le principe de la gratuité : « vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (v. 8).

Cet envoi donne lieu à l’évocation des aspects difficiles du rôle de disciple, ce qui nous vaut le mot d’ordre que nous avons retenu. Au-delà de cette première mission, les disciples vont être arrêtés, battus et conduits devant les tribunaux ; l’Evangile va semer la division au sein des familles. Jésus montre ainsi aux siens que le rejet dont il est et sera victime les touchera aussi s’ils suivent son chemin. Marcher à la suite de Jésus-Christ, c’est être prêt à essuyer le rejet social voire le martyr pour son nom.

Un principe ambigu…
Jésus cultive ici l’art du paradoxe. La ruse et la naïveté sont communément considérées comme des principes opposés. Il semble évident que seul le loup, rusé et roublard, réussira dans une société sans merci où il faut se faire une place. A l’inverse, la naïveté et la crédulité (de celui qui n’est qu’un mouton) ne mèneront pas bien loin. Or, par des comparaisons très… pastorales, le Seigneur demande à ses disciples de faire preuve de ces deux qualités apparemment opposées dans la mission qu’il leur assigne.
Il s’agit d’abord d’être rusé, qualité légendaire du serpent mais qui doit être utilisée pour le bien et non pour tromper (cf. Gn 3.1). Savoir quand témoigner et quand se taire, voir clair dans le jeu des adversaires ou tout simplement dans les situations de la vie demande bon sens et discernement. Et cette ruse doit être accompagnée de pureté, c’est-à-dire d’une absence de confusion, d’un cœur entier et simple. La pureté, c’est le refus de tromper l’autre en jouant un double jeu, c’est la volonté d’être honnête et droit, devant Dieu.
Si Jésus propose un principe paradoxal à ses disciples, c’est que la vie n’est ni simple, ni figée ; par ses changements incessants, elle exige d’importantes capacités d’adaptation.
… et fiable
Pour avancer dans la vie, faire nos choix et aborder de nouvelles étapes comme cette rentrée scolaire nous en propose peut-être, nous avons besoin de principes fiables ancrés dans la Parole de Dieu. Mais ces principes doivent être proches de notre réalité pour être applicables et suffisamment souples pour s’adapter à la grande variété de choix et d’événements auxquels chacun est confronté. Cette parole de l’Evangile me semble être un précieux guide en la matière.
Jésus ne nous invite pas à devenir des loups qui usent de procédés étrangers au Royaume de Dieu pour garder leur place dans la société. Il nous encourage au contraire à lui ressembler, conscients du rejet qui peut nous frapper en tant que disciples du crucifié (v. 17-25), mais aussi et surtout de notre valeur aux yeux de Dieu (v. 31), pensée qui doit nous garder de la peur (v. 26,28,31).
Soyons donc des brebis qui renvoient au Berger, sachant qu’il nous a précédés sur ce chemin.
Thomas Koning
pasteur de l'EEL de Toulouse