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Accueil Méditations Où est le fruit ?

Marc 12.41-44

Jésus est assis dans le Temple, en face du Trésor et c’est ainsi qu’il observe les gens qui viennent y déposer leur argent. Il regarde « comment » la foule y met de l’argent. Nous comprenons que ce « comment » ne concerne ni les gestes ni le nombre de pièces qui résonnent dans la caisse, mais ce que Jésus peut voir de l’attitude « intérieure » des gens, de leur « relation » avec leurs pièces et avec le Dieu à qui elles sont destinées.

Jésus observait…

Ce n’est pas la première fois que Jésus regarde ce qui se passe dans le Temple dans cette partie de l’Evangile de Marc. La section commence en le décrivant lors de son arrivée à Jérusalem acclamé par la foule (l’entrée « triomphale » 11.1-10), se rendant directement, mais discrètement, au Temple avec ses disciples (11.11). Là il regarde tout ce qui s’y passe avant de sortir le soir pour passer la nuit à Béthanie. Le lendemain, il va y entrer pour chasser les vendeurs (11.15-19). Nous comprenons que cet acte de « jugement » sur le temple et ses activités ne survient pas d’un coup de colère, mais d’une nuit de réflexion sur ce que Jésus y avait observé la veille. Puis, pour que nous comprenions le motif de ce jugement, Jésus, en s’y rendant, « maudit » un figuier qui avait des feuilles, mais pas de fruit (11.12-14). Le lendemain, les disciples observent qu’il s’est desséché depuis les racines (11.20-21). Ainsi, le Temple, qui semble florissant en beauté architecturale (13.1) et en activité religieuse, n’est que « feuilles » : il ne produit pas le « fruit » que cherche le Fils de Dieu et est destiné à périr.
Cependant, il ne flétrira pas de façon instantanée comme le figuier. L’heure de son jugement définitif n’est pas encore venue (13.2). Jésus continue de l’observer. Devant le Trésor, il voit encore beaucoup de « feuilles », une apparence extérieure de consécration, « nombre de riches y mettaient beaucoup » (12.41), mais qui ne le convainc pas (cf.12.38-40). Puis, soudain, il remarque la veuve qui y met deux toutes petites pièces presque sans valeur et il en parle à ses disciples comme un exemple du fruit qu’il cherche chez les hommes.

Le fruit de la confiance

Dans la parabole des vignerons, racontée pour répondre aux autorités religieuses (12.1-12), il était aussi question de fruit. Le maître absent, envoyait aux vignerons tenanciers de sa vigne son représentant « pour recevoir de leur part des fruits de la vigne », ce qu’ils refusaient. Ils s’en prenaient au représentant du maître, se réservant le fruit qui lui était dû.
Ici, les riches qui « ont mis de leur abondance » (12.44) retiennent pour eux-mêmes l’essentiel et s’arrogent les droits de « propriété » sur leur personne et leurs biens. La veuve, parce qu’elle donne tout ce qu’elle possède, tout ce qu’elle a pour vivre, se donne elle-même à Dieu, lui remettant dans la confiance sa vie toute entière.
C’est cela le seul fruit digne de Dieu le Créateur. Il ne cherche pas notre argent, notre religion, mais nous-mêmes. La question est moins ce que nous donnons à Dieu, que ce que nous retenons pour nous-mêmes, ce dont nous nous considérons toujours propriétaire (ma santé, mon travail, mes enfants…). Mais toute notre vie appartient déjà à Dieu, c’est lui qui nous l’a donnée. La seule réponse adéquate est de la lui remettre tout entière dans la confiance. C’est cette véritable foi que cherche le Fils de Dieu chez les hommes. Que ferons-nous de son regard sur notre vie ?
Katie Badie
pasteur à l'EEL Paris-Alésia