"Car l'Eternel est notre juge, l'Eternel est notre législateur, l'Eternel est notre roi, c'est Lui q
Dans la partie de son livre où se situe ce verset, le prophète Esaïe dénonce avec force la ten-dance permanente d'Israël à se tourner vers des alliances humaines, politiques pour se proté-ger du danger constitué par ses ennemis. A l'opposé, il appelle le peuple à se tourner vers son Dieu avec confiance pour connaître la victoire et la paix. Tentation constante des nations et des hommes à vouloir s'en sortir par eux-mêmes, sans Dieu ! La parole du prophète nous rap-pelle que l'Eternel exerce la plénitude du pouvoir et que le salut ne peut venir que de Lui.
Les trois pouvoirs
Il est assez saisissant de liresous la plume d’Esaïe vivant à son époque dans unrégime théocratique, la mention des trois pouvoirs qui constituent aujourd'huile socle de l'organisation de nos nations démocratiques : le pouvoir exécutif,autrefois le roi, maintenant le président de la république et son gouvernementchargé d'appliquer les lois ; le pouvoir législatif, c'est à dire lesdéputés élus par le peuple et composant les deux chambres du parlement chargéd'élaborer
leslois, sensées être « l'expression de la volonté générale » ; etle pouvoir judiciaire, chargé de sanctionner les transgressions de la loi.
L'impossible collusion
Dans notre système, le principequi régit la coexistence de ces trois pouvoirs est celui de leur indispensable séparation. Pour prévenir les dangers d'abusde pouvoir, il faut éviter à tout prix leur collusion et veiller à ce qu'ilss'équilibrent mutuellement. Si l'exécutif domine, il y a danger d'arbitraire,voire de tyrannie ; si le législatif l'emporte, il n'y a plus de stabilitégouvernementale ; si le judiciaire prend le dessus, ontombe dans le gouvernement des juges. Les trois pouvoirs doivent être séparéspour que les choses fonctionnent en harmonie.
La divine concentration
Contrairement à ce principeconstitutionnel moderne, le prophète affirme que l'Eternel, le Dieu d'Israël,concentre entre ses mains et dans sa personne les trois pouvoirs évoqués. Et onpeut ajouter ce qui est sous-entendu dans cette affirmation, c'est que Dieuexerce tous les pouvoirs sans aucun arbitraire, sans aucun despotisme, sansaucun abus de pouvoir. Il est fidèle, efficace, juste et bon envers son peuple.Son autorité s'accompagne de son amour en permanence.
Le quatrième pouvoir
On pourrait à la lecture de cetexte ajouter un quatrième pouvoir à ceux précédemment mentionnés : celuidu sauveur, du libérateur qui sauve le peuple de ses adversaires, sansforcément appartenir à l'un ou l'autre de ces pouvoirs. L'histoire des nationsfourmille « d'hommes providentiels »! Esaïe invite Israël à ne pasattendre ce genre de salut, mais à considérer que l'Eternel lui-même est lesauveur de son peuple.
A l'instar du prophète, nouspouvons nous aussi confesser que Dieu est notre roi, celui que nousreconnaissons comme souverain ; qu'Il est notre législateur, celui qui nousrévèle Sa volonté pour notre vie dans sa Parole, et qu'Il est notre juge, celuidevant lequel nous devrons rendre compte. Ajoutons qu'en Jésus, il est devenunotre Sauveur, notre libérateur pour l'éternité. Laissons Dieu régner sur notrevie par l'Esprit Saint, et au lieu de chercher à nous sortir de nos combatsquotidiens par toutes sortes de combinaisons humaines, faisons appel à Lui dansle calme de la foi. Il nous donnera la victoire.
Raymond Chamard