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Accueil Méditations N’oublie jamais que Jésus a fait de toi son ami…

Cette parole de Saint Jean Chrysostome découverte il y a plus de 30 ans, m’a souvent rappelé cette grâce inouïe : non seulement nous pouvons compter sur l’amitié de Jésus, mais lui-même compte sur notre amitié.

En ce début d’année je proposeque nous méditions sur ce thème de l’amitié, et que nous allions jusqu’à nousdemander si nous ne devrions pas redécouvrir que le christianisme est fondamentalementun lieu d’amitié. Tout commence avec cette parole de Jésus : « je vous appelle mes amis ». L’amitié estau centre de l’Eglise. Pas de fraternité, pas de solidarité sans amitié.L’amitié nous arrache à notre solitude. L’amitié est la richesse que même les pauvres(de toutes les pauvretés) sont heureux de pouvoir partager. Si l’amitié estencore trop rare, c’est que nous faisons peu de cas de cette nécessité et quenous ne sommes pas toujours prêts à en payer le prix. Car l’amitié a un prix,des exigences, elle demande des signes, de la patience pour se construire, dela persévérance pour s’épanouir et de l’humilité pour surmonter les pièges dela routine et des malentendus.

Cet été j’ai eu la chance derevoir plusieurs amis que je n’avais pas rencontrés depuis longtemps. L’émerveillement, c’est que la conversation a repriscomme si on l’avait arrêtée un quart d’heure avant. Les circonstances nousavaient empêchés de nous rencontrer, mais la force et la profondeur desémotions, la douceur étaient toujours là. Les distances, le temps, nosévolutions diverses, des changements de situation familiales ouprofessionnelles n’ont pas réussi à gommer la confiance, la transparence, leplaisir d’être ensemble. On sent que l’amitié est ce lieu où on peut échapperaux étiquettes, aux jugements, aux déceptions. On n’a pas besoin de fairesemblant, on peut exister sans rien cacher.

Le commandement suprême c’est bien« aimez-vous ». Mais on nepeut pas être ami avec tout le monde. Il le faudrait, bien entendu, mais neprenons pas cela comme prétexte à des amitiés exclusives qui nousenferment dans un mini groupe, ou pire,nous font participer aux détestables coteries que certains entretiennent volontiers autour d’eux. Nousdeviendrions alors une insulte pour celui qui sent que personne n’a besoin deson amitié. Il ne faudrait pas qu’on découvre trop tard que dans l’Eglise il yavait quelqu’un qui n’était l’ami de personne.

Peut-être qu’un des aspects de lavocation de PLV c’est précisément d’aider à créer ces liens qui font naître etentretiennent l’amitié. Il n’y a pas seulement une Eglise ou une union d’Eglises auxquelles on est heureuxd’appartenir, mais un lieu pour l’amitié que nous sommes appelés à faire naîtreou renaître. Un défi (de plus !) pour 2003 : se faire des amis, etdevenir un ami… pour que l’Eglise soit (encore) plus belle, qu’elle ait(encore) plus de cœur, de confiance, de beauté, et que mieux que beaucoup detapage publicitaire, cette amitié finisse par faire dire à quelquesuns : « Voyez comme ils s’aiment » !

Daniel Poujol