En mémoire des hommes sans nom et sans abri, morts de froid en janvier 2009 à Paris
Il se fait tard, dans mon abri de cartonLoin des regards, je suis prêt pour le plongeon
Dans la nuit qui chasse le moindre soupçon de vie.
Il se fait tard…
C’est une histoire, une histoire banale et triste
Celle d’un retard, et puis d’un passage à vide
Celle d’un trottoir, qui n’était pas prévu dans le film
de mon histoire.
L’alcool s’écoule dans mon corps inanimé
Je n’ai plus froid dans mon placard de papier
J’ai mis le feu à mon corps pour oublier…
Refrain
Que j’étais un homme qui marchait dans sa vie,
Pas ce fantôme, ce paumé, ce zombie.
Que j’étais un homme, qui marchait dans sa vie,
Pas un surhomme, pas un héros, un nanti.
Que j’étais un homme et pas un sans-abri.
J’vais lâcher prise, on saura bien expliquer,
Qu’un homme est mort cet hiver dans le quartier.
Fracture sociale. Autre concept à la clé
Pour ne pas se dire qu’on avait peut-être oublié…
Refrain
Que j’étais un homme qui marchait dans sa vie,
Pas ce fantôme, ce paumé, ce zombie.
Que j’étais un homme, qui marchait dans sa vie,
Pas un surhomme, pas un héros, un nanti.
Que j’étais un homme et pas un sans-abri.
Il se fait tard et l’heure est venue de partir,
Là-bas, quelque part, pour plus de chaleur, de sourires
Et mes mains se joignent
C’était pt’être écrit dans le film de mon histoire.
J’ai prié cet Homme qui marchait dans la vie.
Pas un surhomme, pas un héros, un nanti.
J’ai prié cet Homme de m’accorder la vie…
D’aimer en somme, l’homme et le sans-abri.
(Chanson de Pierre Lacoste, extrait de l’album "Délai de grâce" du groupe Pierre et les loups,
disponible au printemps 2009.)