A Alain l’Arménien...
Je voudrais rendre hommage, sans cynisme aucun, à celles et ceux qui dans l’Eglise sont convaincus d’avoir reçu du Saint-Esprit un don à mettre en œuvre au service des autres. [Je ne pense pas ici à ceux qui confondent l’Eglise avec un terrain de conquête du pouvoir personnel – pouvoir dont la vie les a par ailleurs curieusement sevrés… Ceux-là ont grand besoin d’être évangélisés !]
Non, je pense avec une vraie tendresse à celles et ceux dont l’enthousiasme n’a d’égal que la sincérité. C’est ainsi que ce frère s’est frayé un chemin jusqu’au micro pour diriger les moments de louange alors qu’il chante comme une casserole (je serais plus vif à l’égard de ceux qui le félicitent et qui n’en pensent pas moins/!). C’est ainsi encore que cette sœur s’est sentie appelée à faire des visites pastorales dans l’Eglise alors qu’elle a un grand besoin d’être elle-même écoutée… Si seulement ces bonnes volontés pouvaient s’enrichir de cet enseignement simple que le service de l’Eglise commence par l’évaluation collégiale des besoins et qu’il se prolonge par la reconnaissance par les autres des dons personnels (un bon synonyme pourrait être compétence).
Je dédie cette humeur libre à Alain l’Arménien, dont la formule spontanée vaut mieux que tous les prolongements que j’en ai faits : «Sous prétexte de te rendre service, il ne faudrait pas que je te complique la vie !/» Il n’y a pas de danger, l’ami !
Pierre Lacoste