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Accueil Le billet d'humeur Célébrer la Sainte Cène

Plutôt qu’une trame liturgique « prête à l’emploi », nous vous proposons ce mois-ci une réflexion sur un élément du déroulement de nos cultes, l’objectif étant toujours que nous cherchions la forme la plus juste possible pour vraiment honorer notre Dieu comme il convient dans nos rassemblements en Eglise.

Comment prier lors de la célébration de la Sainte-Cène ? Ou, plus précisément, comment par notre prière nous situer devant notre Dieu pendant ces instants de communion avec le Christ et les uns avec les autres ? Ce n’est pas toujours facile d’être à la fois joyeux et solennels, confiants et humbles, recueillis mais conscients de la présence de nos frères et sœurs à nos côtés.
 
Un modèle ancien venu d’outre-Manche
En 1548 à l’accession au trône du jeune roi protestant Edouard VI, le réformateur anglican, Thomas Cranmer, saisit la première occasion pour introduire une petite liturgie de préparation à la Sainte-Cène, en anglais et de théologie évangélique, à insérer dans la messe en latin toujours en vigueur. La plupart des textes s’inspiraient d’une liturgie de la Réforme continentale proposée par Martin Bucer et Philip Melanchthon, mais Cranmer y ajouta une prière finale de sa propre plume, connue par la suite comme la prière de « Humble Access ».
Dès 1552 avec le deuxième Prayer Book de Cranmer, cette prière trouva une place surprenante au cœur de la célébration anglicane, entre le refrain « Saint, saint, saint est le Seigneur » et le rappel de l’Institution. Ce n’est qu’au 20e siècle que les spécialistes de la liturgie la voient comme un intrus « trop subjectif et pénitentiel ». Mais impossible de l’écarter complètement, elle est trop connue et appréciée par les paroissiens !
  
Inspiration pour aujourd’hui
Dans sa version originale elle présente quelques difficultés pour nous, notamment la phrase un peu lourde qui semble relier la purification de notre corps au corps du Christ, et celle de l’âme à son sang. C’était probablement une construction polémique pour souligner la communion des laïcs sous les deux espèces, pain et vin, introduite par la même occasion. Plusieurs versions modernes l’enlèvent ou la modifient. Nous apprécions, quant à nous sa forme communautaire « nous », le langage d’humilité sans culpabilité et le rappel joyeux de la grâce.
Le langage de Jean 6 peut surprendre, mais les écrits de Cranmer ne laissent aucun doute. Il comprenait et enseignait bien que « manger la chair » du Christ et « boire son sang » voulait dire vivre en relation vivante avec le Christ par la foi.
Nous n’avons pas la présomption de venir à ta table, ô Seigneur miséricordieux, en comptant sur notre propre justice, mais sur tes multiples et grandes bontés. Car nous ne sommes pas dignes même de ramasser les miettes sous ta table. Mais tu es le même Seigneur dont le propre est toujours de faire grâce. Accorde-nous donc, Seigneur bienveillant, de manger la chair de ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ, et de boire son sang d’une manière telle que notre corps de péché soit purifié par son corps et notre âme soit lavée par son sang précieux, et que nous demeurions toujours en Lui et Lui en nous. Amen.
Pourrions-nous nous en inspirer pour notre prière communautaire lors de la Cène ?
Katie Badie
pasteur