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Accueil Le billet d'humeur Fléau et fléau

Un raz-de-marée de solidarité suit le tsunami. Est-ce l’ampleur objective de la catastrophe qui provoque cet élan de solidarité inégalé ? Non. J’en donne une preuve parmi bien d’autres : le paludisme tue chaque année entre 1,5 et 2,7 millions de personnes dont 1 million d’enfants de moins de cinq ans sans que la communauté internationale s’émeuve.

Alors pourquoi cette mobilisation particulière ? Il me semble que cela vient du fait que beaucoup d’occidentaux vaccinés, assurés, prudents, ont péri, victimes innocentes d’un cataclysme imprévisible. Le paludisme, le Sida même, il semble possible de s’en préserver ou de les soigner ; et les accidents, c’est bien connu, arrivent toujours aux autres. Ce tsunami n’entre pas dans la catégorie des catastrophes gérables. D’où la décision presque immédiate des maîtres de ce monde de mettre en place un système de détection et d’alerte. Ajoutons que ce séisme montre que la fin du monde, si souvent annoncée, pourrait bien intervenir sans que l’homme y mette la main et plus vite que prévu !
Devant ce rappel brutal de la fragilité de notre planète et donc de nos existences, certains s’en prennent à Dieu : comment, s’il existe, Dieu permet-il ? Vous connaissez la chanson, inutile d’argumenter. Dieu n’est pas dans la tempête. Jésus nous prévient cependant que la fin de toutes choses est certaine, les séismes nous le rappellent. S’y préparer ne consiste pas à développer une eschatologie « inspirée » comme d’autres installent des alertes ultrarapides, c’est obéir sans attendre aux ordres de notre maître. Et dans cette tâche confiée pourrait bien entrer, par exemple, un engagement pour que le paludisme ne soit plus un fléau !
Claude Baty
pasteur