Clapite (suite)
D’aucuns diront sans doute que je rabâche, je proteste en rappelant la doctrine apostolique selon laquelle il ne faut pas se lasser de répéter les bonnes choses. C’est ce dogme de la pédagogie qui me contraint à revenir sur notre propension à applaudir, maladie jadis baptisée de clapite.
L’applaudissement est une manifestation commode (et peu coûteuse) d’affection et de reconnaissance. Il n’empêche que je propose d’établir un cordon sanitaire en refusant d’applaudir Jésus ! Pourquoi donc direz-vous ? Ne le mérite-t-il pas ? Si fait, et bien plus encore ; mais comment ne voit-on pas l’incongruité de l’invitation quand elle arrive après les remerciements aux secrétaires qui ont si bien travaillé, aux cuisiniers qui nous ont régalés, et donc cerise sur le gâteau, à Jésus qui nous a réunis. Il est applaudi à son tour, relégué au rang des comparses. Où est le respect ? Jésus est-il une star de plateau télé ?
Sur la même longueur d’onde écoutez cette histoire. Un pasteur de mes amis m’a avoué que pour la première fois de sa vie il avait été applaudi à la fin de sa prédication. Il ne m’a pas dit cela comme s’il avait atteint l’objectif de sa vie professionnelle, non, il en était encore tout retourné. Évidemment les circonstances étaient très exceptionnelles, il n’empêche que cela donne à penser. Imaginez un peu que l’épidémie se répande… maigres applaudissements après le sermon d’aujourd’hui : ça n’a pas plu, la chute n’était pas bonne (si j’ose dire), la collecte sera maigre elle aussi. Ou bien, au contraire : quel bout entrain ce pasteur, décidément on ne s’ennuie pas avec lui !
C’est à se demander s’il ne faut quand même pas penser à arrêter le progrès !
Claude Baty
pasteur à l'EEL de¨Paris
pasteur à l'EEL de¨Paris