Probablement
Je ne vais pas vous infliger le énième commentaire sentencieux, biblique, économique, pacifiste, philosophique, politique, ou prophétique sur la guerre en Iraq qui vient de commencer ! Par contre acceptez de moi quelques considérations sur l’information.
En tout cas sur l’information qui me parvient. Je suis stupéfait de ce que décidément les médias n’apprennent rien. En 1991, la guerre du Golfe avait pourtant fait apparaître, après coup (!), les manipulations de l’information dont les médias - et nous - avions été victimes. Forts de cette leçon allions-nous avoir cette fois un traitement différent ? Que nenni ! La preuve ? 20 mars enfin, depuis qu’on l’annonçait, quelques heures après la fin de l’ultimatum : des bombardements…. quelques bombardements, limités à la banlieue de Bagdad… que sait-on au juste ? Pas grand chose, ce dont conviennent les médias. Le problème c’est que cela ne les empêche pas d’en faire des tonnes. Immédiatement : émissions spéciales de plusieurs heures d’affilées… avec notre correspondant à Bagdad, celui à Washington, celui au Koweït, celui à… « nous ne savons pas … mais, probablement… », c’est qu’il ne s’agirait pas d’être en retard d’un scoop. Il faut occuper l’espace. Ils ne savent pas, mais ce n’est pas ce qui va les empêcher de parler ! Il ne manquerait plus que cela ! Dans cette atmosphère il est bien évident que la moindre confidence lâchée par les militaires sera reprise et fera son chemin. Sceptiques, je vous encourage à l’être, pour une fois !
À ceux qui parlent sans savoir et qui montrent des images douteuses faisons la sourde oreille et ne prêtons qu’un œil distrait. Comme sur l’autoroute (de l’information) : gardons nos distances !
Claude Baty
pasteur