Le roi est-il nu ? Oui ou non ?
83 $ avant, 550 000 $ après ! Avant c’était un tableau représentant une femme de profil, après c’est un Van Gogh !
L’authentification n’a évidemment pas changé la peinture,mais à coup sûr le regard des amateurs ! Pour terminer cette histoire quivient de se dérouler au Japon, sachez que l’acheteur avait l’intentiond’exposer la toile dans le musée qu’il a créé dans son village de 850habitants !
Cette anecdote montre une fois encore l’importance de lasignature. Devant un tableau de maître il est probable que beaucoup hésiterontà dire leur déception de peur de passer pour des barbares ! Celafonctionne de la même façon pour un livre ou un article. Qui a écrit ? ah ! c’est untel… Avantd’avoir lu nous voilà prévenus, en bien ou en mal, et capables de trouver destrésors là où il n’y a que des banalités et inversement. Dans le domainethéologique la réputation joue encore plus, si possible ; les plus finslimiers sont capables de sentir l’odeur suspecte de l’hérésie entre leslignes !
Il faut une innocence que nous avons irrémédiablement perduepour être capables d’oser dire seul contre tous : le roi estnu ! ou évidemment : le roi esthabillé ! Faute de retrouver l’innocence, demandons du discernement !
PS pourles oublieux : l’histoire du roi nu est l’histoire d’un tailleur peuscrupuleux qui vendit à un roi, à prix faramineux, un costume superbe... maisinvisible aux incompétents. Comme prévu, tout le monde et le roi lui-mêmes'extasient devant le tissu merveilleux - qui bien sûr n'existe pas - de sorteque le roi parade devant ses sujets, supposément vêtu du costume magique maisen réalité nu comme un ver... jusqu'au moment où un enfant qui n'a pas d'emploià préserver dit innocemment « le roi est nu », au grand dam du tailleuret à la honte des courtisans.
Claude Baty