| "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu… ?" (1 Corinthiens 3:16-17) |
| 08-01-2010 | |
L’image du Temple vient après plusieurs autres images et en particulier après celle, très développée, de la construction (v.10-15). L’apôtre Paul s’y présente comme le maître d’œuvre, qui pose les fondements du bâtiment, d’autres poursuivant après lui la construction. Ce bâtiment, c’est l’Église. De même, le temple du Saint-Esprit qui vient juste après est aussi l’Église. Plus loin, en 1 Corinthiens 6:19, on verra que l’apôtre applique la même image au corps du chrétien. Mais pour l’instant, c’est le « corps communautaire » qui est en cause.
Détruire la construction de Dieu
Or il est envisagé que quelqu’un puisse détruire cette demeure de Dieu qu’est l’Église. Et qu’en retour, Dieu détruise ce destructeur. Ces versets nous disent en premier lieu l’importance de l’Église : la communauté des croyants (et non pas le bâtiment, bien sûr) est le lieu de la présence de Dieu. Ce qui était vrai du Temple de Jérusalem l’est maintenant de l’Église. Le déplacement symbolique est fortement significatif : la présence de Dieu passe du Temple, lieu sacré du peuple juif, à la petite communauté pagano-chrétienne de Corinthe ou à toute autre communauté chrétienne habitée par l’Esprit.
Du coup, s’attaquer à l’Église prend un sens très fort. Il faut bien comprendre que l’attaque destructrice dont parle Paul ne vient pas de l’extérieur. Elle vient des tensions internes qui animent la communauté (voir 1:10-13). L’esprit qui habite le temple de Dieu à Corinthe n’est plus l’Esprit Saint mais un esprit de rivalité et d’autopromotion. Or la construction spirituelle qu’est l’Église est « la construction de Dieu » (3:9) ; ses « murs » s’élèvent sur le fondement de Jésus-Christ. Y introduire une autre « divinité » que le Dieu biblique, y pratiquer le culte du « Moi » et y laisser libre cours à l’esprit d’égocentrisme : voilà ce que Paul condamne sans appel. Il ne s’agit évidemment pas des débats qui agitent inévitablement les Églises. En effet, le texte parle au v.15 d’être « sauvé, mais comme au travers du feu ». Il s’agit donc bien d’une situation limite, dans laquelle la contribution d’un ou plusieurs chrétiens à la marche de l’Église, bien que présentée comme de l’« édification », s’apparente plutôt à de la destruction (en regardant « au travers du feu », Paul perçoit quand même leur salut). Ceux qui détruisent le temple de Dieu, au v.17, sont donc probablement ceux qui franchissent la ligne jaune et qui entrent dans une démarche entièrement consacrée à la division et à l’obstruction du plan de Dieu.
Un appel à veiller
Dieu répond à la destruction de son temple par la destruction du destructeur. La force de l’avertissement nous rappelle le prix que Dieu attache à l’unité de son Église : le Seigneur a créé l’Église pour rassembler et non pour fragmenter. Comme Ananias et Saphira en Actes 5, ceux qui sont visés par cet avertissement sont ceux qui s’opposent à l’œuvre de l’Esprit, œuvre de construction et d’unité. Les conditions exactes et la forme de ce châtiment demeurent mystérieuses, un peu comme pour le blasphème contre le Saint-Esprit de Matthieu 12:31-32, et renvoient probablement au jugement final. Mais dans le temps présent, on peut déduire de la solennité de l’avertissement que tous sont appelés à veiller à ce que l’Église soit et demeure le temple de Dieu, c’est-à-dire qu’elle reste au service de Dieu et de son projet de salut, dans l’unité et le respect réciproque. Par Christophe Paya, pasteur des EEL et professeur de théologie pratique à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine |
L’image du Temple vient après plusieurs autres images et en particulier après celle, très développée, de la construction (v.10-15). L’apôtre Paul s’y présente comme le maître d’œuvre, qui pose les fondements du bâtiment, d’autres poursuivant après lui la construction. Ce bâtiment, c’est l’Église. De même, le temple du Saint-Esprit qui vient juste après est aussi l’Église. Plus loin, en 1 Corinthiens 6:19, on verra que l’apôtre applique la même image au corps du chrétien. Mais pour l’instant, c’est le « corps communautaire » qui est en cause.