| Fêtes juives : Le Nouvel An (Rosh Hashana ) ou Fête des Trompettes |
| 01-03-2002 | |
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Le premier jour du mois de Tishri (7ème mois), les juifs célèbrent le Nouvel An, qui se dit en hébreu "Rosh Hashana" (Tête de l'année). L'existence d'une solennité ce jour-là provient d'un commandement de l'Eternel qui dit à Moïse: "Parle aux Israélites; dis-leur: Le septième mois, le 1er du mois, vous aurez un jour férié, rappelé par une clameur: c'est une sainte convocation. Vous ne ferez aucun ouvrage servile, et vous offrirez à l'Éternel des sacrifices consumés par le feu" (Lé 23.24-25). Nb 29.1-6 détaille les divers sacrifices exigés à cette occasion. Dans ces deux textes n'apparaît pas encore l'idée d'une fête de "Nouvel An". Une clameur convoque Israël en ce jour (Lé 23.24 et Nb 29.1) : un cri de joie souvent accompagné du son du cor. Plus tard, le livre de Néhémie évoque un rassemblement de la communauté à Jérusalem en ce même jour de l'année (Né 7.72-8.1ss). On y a fait la lecture de la loi et ce fut, après les pleurs (8.9), l'occasion de grandes réjouissances (8.12). Cette convocation ordonnée par l'Eternel ne peut être associée à une fête de Nouvel An. En fait la seul mention de l'expression Rosh Hashana se trouve en Ez 40.1 où le prophète évoque le moment où il a reçu sa vision du Temple futur. Mais cette fois, si le nom est bien attesté, c'est la date qui ne correspond pas, puisque Ezéchiel parle du 10 du mois ! Il faut se rendre à l'évidence : Il s'agit d'une fête qui "avec ce nom et ces rites… n'a jamais existé pendant tout le temps de l'Ancien Testament. Ni les textes liturgiques ni les textes historiques antérieurs à l'Exil n'en parlent jamais". Il faut retenir l'existence dans l'Ancien Testament d'une fête solennelle qui porte mieux le nom de "fête des trompettes" que celui de "Nouvel An". "Cette fête du 1er jour du septième mois n'est qu'une néoménie plus solennelle, ouvrant un mois qui était alors surchargé de fêtes (le 10, Jour des Expiations, du 15 au 22, les Tentes) et perpétuant peut-être le souvenir de l'ancienne année civile et religieuse qui commençait en automne aux environs de la fête de la Récolte" . La tradition rabbinique par contre, permet de compléter l'information sur la fête juive du Nouvel An qui a bien lieu au 1er Tishri, date de la fête des Trompettes : Un traité de la Mishna est intitulé précisément Rosh Hashana et "s'intéresse en premier lieu à l'apparition de la nouvelle lune - la première néoménie de l'année dont dépend le calendrier liturgique ! - qui doit être reconnue avec soin et aussitôt communiquée à toutes les communautés des environs de Jérusalem. La célébration de ce jour prévoit la sonnerie du shofar, sorte de corne de bélier ou de bouquetin, et de trompettes, qui accompagne les prières traditionnelles […] Les clameurs du Nouvel An, renforcées par les cuivres, sont destinées à proclamer la grandeur de Dieu, à saluer sa venue, à rendre hommage à sa présence au milieu de son peuple." De fait, le déroulement de la fête juive du Premier de l'An est centré sur les deux grands thèmes de la création et du jugement. "Célébrer Dieu Créateur, c'est reconnaître qu'il est le Roi de la Création ; et le reconnaître Roi, c'est le reconnaître Juge, et accepter, par là, son jugement. C'est ainsi qu'à Rosh Hashana le peuple juif acclame Dieu comme Créateur, Roi et Juge du monde. Avant de sonner su Shofar, on récite deux bénédictions : Tu es béni, Seigneur notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par tes commandements et nous a ordonné d'écouter le son du Shofar. Tu es béni, Seigneur notre Dieu, Roi du monde, qui nous a donné la vie, nous l'a maintenue et nous a fait parvenir jusqu'ici. Pierre-André Schaechtelin |