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Accueil Etudes Fêtes juives : Pessah (Pâque)

Pour être tout à fait précis, il faudrait parler de deux fêtes. En effet, la Bible associe la fête de la Pâque à la fête des pains sans levain (ou Azymes). Peut-être séparées à l’origine, ces deux fêtes n’en font plus qu’une. La fête dure huit jours, du 14 Nissan au 21 Nissan (mars-avril). Plusieurs textes bibliques évoquent l’institution ou la célébration de la Pâque, les principaux sont : Ex 12, Lv 23.5-8, Dt 16.1-8.

La fête de la Pâque était probablement d’origine agricole : une fête du printemps, du renouveau de la nature. Lv 23.9-14 en conserve la marque en associant à la fête de la Pâque l’offrande des prémices de la moisson. Lors de la sortie d’Egypte, elle a été investie d’un sens nouveau qui fait de la Pâque la principale des fêtes juives. Chaque année, elle commémore la délivrance de l’esclavage en Egypte.

Le "saut" de Dieu

La Bible associe le nom de la Pâque (Pessah) au verbe hébreu pasah qui signifie “ sauter, passer par dessus ”, en référence à la nuit de la sortie d’Egypte où Dieu est “ passé par dessus ” les maisons dont les linteaux de porte avaient été aspergés du sang d’un agneau (Ex 12.13, 23, 27). Les Israélites devaient ensuite manger à la hâte cet agneau rôti, “ une ceinture à vos reins, vos sandales aux pieds et votre bâton à la main ” (Ex 12.11), en signe de la soudaineté de la sortie d’Egypte. C’est en souvenir de cette nuit que la Pâque a été instituée.

Les différents textes bibliques qui relatent des célébrations de la Pâque (Nb 9.1-14, Jos 5.10-12, 2 Ch 30, 2 R 23.21-23 = 2 Ch 35.1-18, Esd 6.19-22) laissent apparaître une évolution. Sous Ezéchias et Josias, la fête dure huit jours, elle est célébrée au temple à Jérusalem. Le sang n’est plus répandu sur les portes mais les sacrificateurs en font l’aspersion sur l’autel. Il reste que, après l’aspersion du sang, la Pâque se vit en famille au cours d’un repas où est consommé l’agneau rôti.

Version Nouveau Testament

Les symboles forts de la Pâque sont donc, en tout temps, l’aspersion du sang de l’agneau et le repas familial. C’est sur ces symboles forts que Jésus va instituer la Cène, au cours d’un repas de Pâque. Les deux éléments de la Cène (le pain et la coupe) faisaient partie de la célébration de la Pâque au temps de Jésus. Au cours du repas, du pain sans levain était rompu et distribué à tous. Et c’est à ce moment que Jésus a dit : “ Prenez, mangez : ceci est mon corps. ” (Mt 26.26) Il y avait aussi quatre coupes et c’est au moment de la troisième d’entre elles, appelée “ coupe de bénédiction ”, que Jésus a prononcé ces paroles : “ buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour beaucoup, pour le pardon des péchés.” (Mt 26.28).

En instituant la Cène, Jésus éclaire d’un sens nouveau la fête de la Pâque. En disant du pain “ ceci est mon corps ” et du vin “ ceci est mon sang ” il s’identifie lui-même à l’agneau pascal. Il annonce une délivrance plus grande encore que celle de l’Egypte : celle de l’esclavage du péché par sa mort et sa résurrection. Dès lors, la Cène devient le “ repas de famille ” de l’Eglise par lequel la rédemption en Jésus-Christ est proclamée.

Vincent Mieville, pasteur