Un double appel sur une route de Syrie
Nouvelle série sur les vocations dans la Bible, alimentée par quelques pasteurs de note union. Nous voici donc sur les traces de l’apôtre Paul. Exergue : Le Seigneur connaît à l’avance notre destin. Il a un plan pour la personne qu’il invite à le suivre.
Nous disons volontiers que sur le chemin le conduisant à Damas, où il s’apprêtait à traquer les chrétiens, une expérience extraordinaire de rencontre avec Jésus-Christ a subitement fait de Saul de Tarse l’apôtre des païens. À vrai dire c’est à Damas même, après une crise qui a duré trois jours, que Saul a reçu l’appel à devenir l’apôtre de celui dont il persécutait jusque là les disciples. En fait sa vocation a été l’aboutissement de sa conversion, au point de se confondre avec elle. Nous pouvons alors nous poser la question : est-ce que le cheminement de Paul, à l’aurore de son engagement avec le Christ, est significatif de toute expérience de vocation au service de Dieu ? J’ai tendance à le croire !
Dans la conception traditionnelle de la vocation au ministère celle-ci se présente comme une étape dans l’évolution spirituelle du croyant, étape qui se présente à une distance temporelle plus ou moins grande de la démarche de consécration initiale à Jésus-Christ. Mais on peut s’interroger sur la marge qui existe entre l’appel au service et la réponse de l’interpellé. Au Psaume 139 le psalmiste écrit : « Sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m’étaient destinés ». Le Seigneur connaît à l’avance notre destin. Il a un plan pour la personne qu’il invite à le suivre.
Pour poursuivre notre réflexion.
Y aurait-il une évolution dans la pensée du Maître, serait-il susceptible de « changer d’avis » ou tout au moins de décider un beau jour qu’un des siens offre les qualifications nécessaires à ses envoyés ? Il paraît évident que l’apôtre Paul liait étroitement sa rencontre avec le Seigneur Jésus, sur le chemin de Damas, et son ministère de prédicateur de l’Évangile. Dans sa lettre aux Galates il écrit que « mis à part dès le sein de sa mère » il a reçu une révélation intérieure de Jésus-Christ pour devenir apôtre « parmi les païens » (Ga 1:15-16). On retrouve ce témoignage dans le discours prononcé sur l’escalier de la forteresse Antonia, à Jérusalem, après son arrestation (Ac 22) et devant le tribunal de Césarée (Ac 26). Cependant l’exercice du ministère exige une formation spirituelle, biblique, théologique et de culture générale, indispensable pour la communication sérieuse et efficace du message du salut. Les facultés de théologie, écoles pastorales, instituts bibliques, cours décentralisés pourvoient aujourd’hui à ce besoin. Saul de Tarse, nouveau converti, a-t-il étudié ? Nous savons qu’après sa conversion il n’est pas entré dans un centre de formation théologique. La communauté chrétienne venait tout juste de naître ! Faut-il alors considérer que Paul bénéficiait de compétences charismatiques, surnaturelles, exceptionnelles ? Certes il ne manquait pas de dons, mais n’oublions pas ce q’il a fait pendant sa jeunesse. Juif pieux, attaché au parti des pharisiens (Phi 3:4-6) il s’est cultivé à l’école de Gamaliel, un maître du judaïsme célèbre (Ac 2 :3). Il a acquis de cette manière une solide connaissance des Écritures. Dieu l’avait destiné dès avant sa naissance à l’apostolat, a pourvu, avant même sa rencontre avec le Sauveur, à sa formation.
Conversion et vocation
La providence divine intervient tout au long de notre vie. Notre conversion appelle (!) notre vocation. Si nous appartenons à Jésus-Christ nous sommes nécessairement ses serviteurs, quel que soit le service que nous avons à remplir. Demandons-nous quelle est notre vocation. Et surtout, demandons-le à celui qui nous appelle !
Daniel Furter, pasteur retraité des EEL